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Le Court Central

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Novak Djokovic: Roland-Garros pour effacer un an en enfer?

Novak Djokovic: Roland-Garros pour effacer un an en enfer?

Cette semaine, Novak Djokovic revient à Roland-Garros, un an après avoir conquis le dernier titre du Grand Chelem qui manquait à son palmarès. Entre temps, le joueur serbe a traversé une grande période de doute, qui l'a, notamment, vue perdre sa première place mondiale au détriment d'Andy Murray et l'a poussé à faire un grand ménage au sein de ceux qui l'accompagnent au quotidien. Ainsi, Novak Djokovic arrivera-t'il à trouver un nouvel élan là où les ennuis ont commencé?

Novak Djokovic: Roland-Garros pour effacer un an en enfer?

5 juin 2016. Après des années de patience, Novak Djokovic exulte. Lui qui domine le circuit sans partage depuis deux ans vient de remporter le seul titre majeur qui manquait à son palmarès: Roland-Garros. Au terme d'une édition du tournoi particulièrement pluvieuse, le serbe voit le soleil réapparaître au moment de soulever le trophée la Coupe des Mousquetaires, le trophée qu'il convoitait tant. Alors que les spectateurs quittent peu à peu le court Philippe-Chatrier, beaucoup se demandent si une personne pourra arrêter Nole. Surtout, beaucoup d'observateurs avisés commencent à imaginer Djokovic réaliser le Grand Chelem, celui que seul Rod Laver a réalisé au cours de l'ère Open. 

Toutefois, la machine infernale dispensée par Djokovic pendant des années commence à se gripper de manière surprenante. Quelques semaines après son sacre parisien, le numéro un mondial tombe dès le troisième tour à Wimbledon, sous les coups du service surpuissant de l'américain Sam Querrey. La défaite est mis, pour beaucoup, sur le motif de la fatigue: après tout, celui qui était, encore, le protégé de Boris Becker venait d'effectuer une cinquantaine de matchs en six mois et on sait que la transition brutale entre la terre-battue et le gazon ne paraît pas évidente. Toutefois, les semaines vont s'enchaîner et le Djokovic qui écrasait tout sur son passage, à la manière d'un robot, ne sera aperçu que par intermittence. Ainsi, on le vit perdre totalement ses moyens au premier tour des Jeux Olympiques face à Juan Martin Del Potro ou en finale de l'US Open face à Stan Wawrinka. Alors qu'il possédait une avance confortable sur Andy Murray, son dauphin au classement ATP, le Djoker voit ce matelas de points fondre comme neige au soleil. Djokovic n'arrive pas à se remotiver après sa victoire parisienne, si bien que son équipe, à commencer par Boris Becker, s'agace. L'ancien numéro un mondial allemand pose, même, un ultimatum au Serbe au Masters de Londres: soit son poulain se ressaisit, soit il repart occuper ses journées en jouant au poker. Même sa chère et tendre épouse doute, alors que cette dernière fait face aux rumeurs d'infidélité de son mari. Et à la fin de la saison, un évènement que l'on avait pensé impensable en début de saison 2016 survint: Djokovic lâcha sa première place au profit d'Andy Murray. Becker se barre, et seul son préparateur mental, l'intriguant Pepe Imaz reste à son chevet.  Ou comment une saison qui devait être la cerise sur le gâteau  de sa carrière a terminé en eau de boudin.

Alors, pour tenter de remettre le bolide en route, le Serbe s'en remet à son coach historique Marjan Vajda lors de l'intersaison. Les deux hommes travaillent d'arrache-pied avec l'objectif à court-terme de conserver le titre de Djokovic à Melbourne, tournoi du Grand Chelem qui lui réussi le mieux, et où il n'a plus perdu depuis 2014. Les prémisses de la saison 2017 semblent encourageants, surtout après une finale de gala remportée au tournoi de Doha face à Andy Murray. Toutefois, l'accalmie sera de très courte durée. Dix jours plus tard, le monde du tennis se réveille sous le choc: l'homme aux soixante-sept titres vient de sombrer au deuxième tour à l'Australian Open face au qualifié ouzbekh Denis Istomin, qui vient de jouer le match face au numéro deux mondial qui n'est plus que l'ombre de lui-même. Pour ne rien arranger, les articulations commencent à couiner. Gêné au coude, le Djoker s'inclinera deux fois d'affilée face au fougueux joueur australien Nick Kyrgios, dont le service va aussi vite que Taz, le diable de Tasmanie pas très fûté des Looney Tunes, avant de déclarer forfait à Miami. A l'heure où les premiers bourgeons éclosent, Djoko voit un joueur reproduire la mainmise qu'il exerçait lui-même au printemps 2016: Roger Federer. 

Toutefois, dans son malheur, Djokovic voit la légendaire star suisse s'éloigner des courts à l'occasion de la saison sur terre-battue. Ainsi, cela fait un concurrent en moins. Malgré cela, le belgradois ne s'illustre plus sur terre-battue comme il l'avait effectué les saisons précédentes. Sa prise de marque sur les briques pilées ocres de Monte-Carlo est laborieuse: le serbe commet encore beaucoup de fautes directes et voit David Goffin arrêter ses ambitions sur le Rocher dès les quarts de finale. Surtout, il sent qu'il n'a pas retrouvé le couteau qui se situait entre les dents lors des saisons précédentes. Comme un électrochoc, il décide, alors, de congédier un certain nombre de ses collaborateurs, dont son entraîneur de toujours, Marjan Vajda. Ainsi, à Madrid et à Rome, seul son frère cadet, Marko, et Pepe Imaz l'accompagnent dans son traintrain. Même la manière semble inégale Djokovic retrouve petit à petit de sa superbe, comme en témoigne son éclatante victoire sur l' un des hommes en forme de cette saison, l'autrichien Dominic Thiem. Lors de cette demi-finale à Rome, la légende serbe a réussi à dicter son tempo, à redonner du punch à ses coups et a su retrouver de la rage de vaincre. En face, le septième joueur mondial, qui n'a pas réussi à mener la danse avec ses coups liftés, s'est trouvé perdu comme un littéraire devant un système mathématique à plusieurs équations. Malheureusement pour Nole, ces motifs de satisfactions restent de courte durée. En effet, ces dernières semaines, il a, quand même, essuyé des défaites nettes et sans bavures face à Rafa en demi-finales de Madrid et, surtout, face à Zverev à Rome. Lors de ces deux rencontres, Djokovic semblait dépassé tactiquement et mentalement face à la puissance imposée par le Taureau des Baléares ou par la brindille d'Hambourg.

Ainsi, à Roland-Garros, Djokovic n'arrivera pas avec l'étiquette du favori. En effet, à trois jours du début du tournoi, Rafael Nadal, Dominic Thiem et Alexander Zverev débarquent à la Porte d'Auteuil avec une plus grande confiance, ainsi que dans une forme plus fringuante que celle du nouvel ambassadeur des polos Lacoste. Toutefois, Djokovic peut faire valoir sa remarquable expérience en Grand Chelem ainsi que sa gestion des matchs au maximum des cinq sets, alors que la relève incarnée par la brindille allemande demeure encore inexpérimentée dans ce domaine . Surtout, il bénéficie d'un renfort de poids dans son équipe, en la personne d'Andre Agassi. Si l'impact à court terme de cette collaboration demeure limité, l'expérience du Kid de Las Vegas sur le circuit (et notamment lorsqu'il s'agit de chercher de nouvelles priorités après avoir tout gagné) ainsi que sa lecture du jeu énorme vont être bénéfique à Djokovic à moyen-long terme.  Ainsi, on voit mal Djokovic passer au travers à Roland-Garros. Au pire, on le voit s'incliner qu'en demi-finale (s'il hérite de Nadal en demi-finale). Au mieux, on le voit se hisser en finale face au Majorquin.