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Le Court Central

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Federer, encore un peu plus dans la légende

Federer, encore un peu plus dans la légende

Au terme d'une finale haletante contre son meilleur ennemi Rafael Nadal, Roger Federer soulève son dix-huitième titre du Grand Chelem, près de cinq ans après le précédent. Cet exploit phénoménal, qui intervient après une année 2016 jonchée par les blessures au genou et au dos, marque au fer rouge le retour tonitruant du Suisse dans le game confirme encore un peu plus sa place parmi les plus grands sportifs de l'Histoire .

Federer, encore un peu plus dans la légende

Décidément, cet Australian Open 2017 aura été sublime de bout en bout. Pendant ces quinze derniers jours, nous, simples amateurs de tennis, n'aurons pas regretté de nous lever aux aurores pour assister aux sorties de routes surprenantes de Novak Djokovic et d'Andy Murray, aux belles histoires de Mischa Zverev, de Denis Istomin et de Mirjiana Lucic Baroni. Nous avons également eu la chance de nous délecter devant certaines affiches complètement folles, à l'image de ce choc de générations qui a opposé le jeune et ambitieux Alexander Zverev au (désormais) vétéran du circuit Rafael Nadal, ou du huitième de finale dantesque entre Nishikori et Federer. Ce même Federer fut, d'ailleurs, l'attraction principale de cette édition 2017 du circuit avec son inhabituel statut de dix-septième joueur mondial et son retour après six mois de convalescence liée à une mauvaise blessure au genou. Bref, après deux demi-finales complètement masculines haletantes (surtout celle entre Nadal et Dimitrov, qui a eu le mérite de faire taire les détracteurs de l'Espagnol qui le pensait fini et de mettre en lumière le retour d'entre les morts de Dimitrov) et le vingt-troisième sacre de Serena Williams, il nous fallait une finale folle pour conclure en beauté cet Australian Open 2017 mémorable. Et comme ce sont avec les vieux pots qu'on fait les meilleures recettes, quoi de mieux qu'un bon vieil affrontement entre Roger Federer et Rafael Nadal (le premier en finale de Grand Chelem depuis près de six ans) pour apporter la cerise sur le gâteau au premier Majeur de l'année.

Ainsi, en ce dimanche 29 janvier, à l'heure de la messe, des millions de fidèles passionnés se sont réunis devant leurs télévision pour assister à la réunion de deux des plus grands apôtres de la Légende du tennis. D'emblée, les deux prêcheurs imposent une cadence de métronome. Federer se montre d'entrée impérial sur son service (14 points gagnés sur 15 premières) et cherche en permanence le filet. Nadal, lui, en impose du fond. En cette première manche, les occasions semblent rares tant les deux joueurs sont réglés comme des cocottes-minute. Toutefois, sur le septième jeu, Federer parvient à s'immiscer dans une brêche et breake Nadal. Le Suisse, qui tutoie les sommets en ce début de partie, parvient à conserver cet avantage et remporte la première manche 6/4.

 

Federer, encore un peu plus dans la légende
Federer, encore un peu plus dans la légende

Malgré la perte du set inaugural, le Taureau de Manacor continue de charger et d'envoyer des frappes lourdes du fond. Profitant d'une légère baisse de régime de son meilleur ennemi (et notamment d'une mise en jeu plus perméable), Rafa décide de pilonner le Bâlois sur sa diagonale (en le forçant à jouer son revers à une main au dessus de l'épaule) et enchaîne les jeux comme les triple-double de Russell Westbrook. Malgré un léger sursaut du Suisse, Nadal compte sur son matelas de 4-0 pour revenir à une manche partout. Cependant, Federer, lors du troisième acte, va inverser la tendance et faire rêver l'ensemble des spectateurs de cet affrontement déjà épique. Multipliant les coups gagnants et les échanges d'anthologie, le Suisse au jeu de jambes chirurgical a étouffé le Têtard des Baléares avec un service solide et en imposant une cadence infernale. Sans cesse agressif sur le service du nonuple vainqueur de Roland-Garros, Federer effectue une démonstration et empoche facilement la troisième manche 6/1.

Mais Rafa, fidèle à lui-même, ne lâche rien. Sentant que Federer redescend tout doucement de son nuage, l'illustre pote de Carlos Moya prend les devants dès les prémices de ce quatrième acte en breakant l'homme au plus beau palmarès du tennis. Impeccable au service et dans l'échange - il n'aura cédé que trois fautes directes sur ce quatrième set - le natif de Manacor n'aura été que très rarement submergé et recolle plutôt tranquillement à deux sets partout. Huit ans après leur (jusqu'ici) unique thriller australien, les deux hommes remettent le coup et doivent se départager dans un cinquième et ultime acte (au plaisir des spectateurs présents devant ce chef d'oeuvre)

Dans la foulée de sa brillante partition lors de la quatrième manche, Rafa reprend les mêmes bases et assène un coup quasi fatal d'emblée, en breakant Federer. Si, de nombreuses fois par le passé, cela avait pu couler Federer, le Suisse, qui dégage une sérénité presque christique depuis le début du tournoi, joue comme s'il n'avait rien à perdre et continue de prendre des risques . Ainsi,  ce dernier veut rester dans le coup et ne cesse d'harceler le neuvième joueur mondial sur sa mise en jeu. S'il échouera à prendre son service à 1-0, puis à 2-1, l'abnégation du Bâlois sera récompensée à 3-2, puisqu'il parviendra à effacer son retard au terme d'un échange complètement fou. Il ne le sait pas encore, mais Federer vient de mettre la clé dans la serrure de la porte qui va le mener à la victoire. De plus en plus offensif, le joueur de 35 ans touche les blanches comme Mozart et fait plier petit à petit Nadal. Deux jeux après avoir effacé son retard, il parvient, non sans avoir encore fourni un point d'anthologie à 40-A,  à empocher un break fatal qui lui permet de servir pour le trophée. Quelques minutes plus tard, sur un ultime coup droit qui touche la ligne, Federer peut exulter et savourer son retour au premier plan. Lui qui n'arrivait plus à s'imposer en Grand Chelem depuis 2012, qui évoluait presque dans l'ombre de Djokovic et de Murray et qui venait de vivre une année 2016 quasi blanche a balayé les doutes qui subsistaient sur sa capacité à pouvoir encore atteindre les sommets à 35 ans. Quant à Nadal, la qualité de jeu qu'il a offerte tout au long de cette finale et de cette quinzaine australienne réchauffe le coeur de tous les passionnés de tennis, après deux saisons 2015 et 2016 plutôt ternes. 

 

Les highlights de la finale