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Le Court Central

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Pourquoi Jo-Wilfried Tsonga va remporter Bercy

Pourquoi Jo-Wilfried Tsonga va remporter Bercy

Jo-Wilfried Tsonga est le dernier français encore en course à Bercy, après sa victoire contre Kei Nishikori hier soir. Si le tournoi parisien constitue la dernière étape de la saison pour de nombreux joueurs, le treizième joueur mondial, qui attend par ailleurs un heureux évènement, peut encore se qualifier pour le Masters. A une seule condition: celle de gagner le tournoi dimanche après-midi. Malgré le pedigree des joueurs qui se présentent sur sa route, on vous explique (certes avec un peu de mauvaise foi et de chauvinisme) pourquoi il va enflammer Bercy dimanche après-midi.

Jo-Wilfried Tsonga (Getty Images/Dan Mullan)

Jo-Wilfried Tsonga (Getty Images/Dan Mullan)

Parce que Raonic est crâmé en cette fin de saison

Après sa victoire à l'arrachée contre Nishikori, Tsonga s'apprête donc à affronter Milos Raonic. Les deux hommes sont à égalité dans leur confrontation (2-2) mais le Canadien a remporter les deux dernières rencontres qui l'ont opposées au Français. Toutefois, Tsonga peut reprendre l'avantage ce vendredi soir. D'abord, après une année globalement marquée par les blessures, il faut reconnaître que Tsonga reprend des couleurs en cette fin de saison, après avoir disputé une finale à Vienne. De plus, il peut profiter du fait que Raonic soit un peu rentré dans le rang (et blessé à la cheville) en cette fin de saison pour sortir une grosse partie. Enfin, il y a le facteur confiance qui rentre en compte. D'habitude, Nishikori est un adversaire qui ne réussit pas vraiment à Tsonga. Toutefois, hier, après une entame de match catastrophique, le français n'a rien lâché et a totalement renversé le cours du match pour l'emporter au tie-break du troisième set. Cependant, pour gagner ce soir, il faudra que Jo se montre dangereux sur les jeux de service du bombardier canadien et qu'il ne cède absolument rien sur sa mise en jeu.

Parce que Murray va avoir un peu la pression

Si Tsonga passe l'obstacle Raonic, il se retrouvera face à la montagne Murray. L'écossais réalise une saison 2016 absolument dingue et peut se retrouver numéro un mondial dès lundi. Pour cela, il faut que Murray remporte le tournoi et que Djokovic ne se hisse pas en finale. Murray reste sur 17 victoires d'affilée, et a remporté Pékin, Shanghaï et Vienne en battant en finale... Jo Wilfried Tsonga. Les statistiques de Tsonga face à Murray sont éloquantes: le français n'a remporté que deux des seize matchs qu'il a joué contre le chevalier de la Reine. Toutefois, ces deux victoires face au double médaillé d'or olympique se sont déroulées dans des phases où Tsonga était en mission commando: il avait commencé sa folle épopée australienne en 2008 par une victoire face à Murray (alors dans le top 10), et son titre au Masters 1000 de Toronto en 2014 avait inclus une victoire contre le protégé d'Ivan Lendl en quarts de finale. Ainsi, quand Tsonga est en mission commando, rien (ou presque) ne peut l'arrêter sur son passage. Deux victoires contre des joueurs du top 5, cela renforce la confiance, surtout face à un Murray qui a montré des signes de tension lors de son entrée en lice à Bercy, contre Verdasco. S'il devait rencontrer Tsonga en demi, il lui resterait deux marches à gravir (ou une, si Djokovic perd face à Cilic ce vendredi) pour devenir numéro un mondial. Quand on est si près du but, quand l'enjeu devient colossal, il se peut qu'on commence à jouer petit bras et à se tendre. Si Tsonga parvenait à livrer une prestation parfaite et faire douter Murray, une qualification en finale sentirait bon pour le Français.

Parce que Djokovic est prenable en ce moment

En début d'année, Djokovic était le véritable empereur du circuit: il imposait un règne d'une telle vigueur que ses différents adversaires espéraient que l'un d'entre eux trouve la faille pour tenter de mettre fin à la mainmise du géant serbe. Toutefois, après six premiers mois durant lesquels le numéro un mondial a tutoyé la perfection, la machine serbe a commencé à dérailler dès Wimbledon. Djokovic a accumulé les petites blessures physiques et mentales, qui ont surtout fait suite à son élimination prématurée des Jeux Olympiques. A l'US Open, on l'a vu perdu dès qu'il rencontrait une grosse difficulté. Même son couple solide a été touché dans la tempête (mais bon, cela ne nous regarde pas). Plutôt direct avec les médias, Djokovic a confessé qu'il éprouvait un certain spleen parce qu'il ne sait plus quels sont ses objectifs, étant donné qu'il a tout gagné. On a pu voir ce manque d'assurance à Bercy, lors de son match contre Dimitrov où il n'a pas existé lors du premier set, avant de revenir progressivement dans la bagarre. En bref, ce qui fait défaut à Djokovic depuis plusieurs semaines, c'est la confiance. Même si c'est toujours le patron (un Djokovic à 70% produit un niveau de numéro un mondial), il devra gérer cet après-midi un homme qui se montre serein depuis plusieurs semaines: Marin Cilic. Si Djokovic sort de ce bourbier, et qu'il bat ensuite Sock ou Isner, il pourrait retrouver Jo-Wilfried Tsonga en finale, en sachant que ce dernier sera transcendé par les victoires de prestiges qu'il aura semées tout au long de la semaine et par un public acquis à sa cause. Certes, c'était il y a huit ans, mais lorsque le Français avait gagné Bercy, il avait battu le Serbe sur son parcours. Quand il avait remporté le second Masters 1000 de sa carrière à Toronto, il y a deux ans, il avait laminé le numéro un mondial, qui s'était imposé à Wimbledon un mois auparavant. Certes, Djokovic connaît les failles de Tsonga et saura les exploiter. Cependant, si Tsonga arrive en pleine confiance et que son niveau de jeu suit son mental, s'il arrive à faire douter Djokovic de manière durable, il y a des chances qu'il soulève le trophée de Bercy pour la deuxième fois de sa carrière.