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Le Court Central

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La République Tchèque met fin aux espoirs d'une équipe de France courageuse

La République Tchèque met fin aux espoirs d'une équipe de France courageuse

Après une campagne 2016 euphorique, l'équipe de France de Fed Cup a vu ses espoirs de titre s'envoler, suite à sa cruelle défaite en finale contre la République Tchèque (3-2). Même si cette défaite de la joyeuse bande menée par Amélie Mauresmo demeure amère, la combativité et le courage montrés par les joueuses françaises et l'ambiance déployée par le public donnent énormément d'espoirs pour la suite et réconcilient la France avec son tennis féminin français.

De gauche à droite: la capitaine Amélie Mauresmo, Caroline Garcia, Kristina Mladenovic, Alizé Cornet et Pauline Parmentier. Avant la déroute (Crédits Photo: FFT/ Corinne Dubreuil)

De gauche à droite: la capitaine Amélie Mauresmo, Caroline Garcia, Kristina Mladenovic, Alizé Cornet et Pauline Parmentier. Avant la déroute (Crédits Photo: FFT/ Corinne Dubreuil)

Un an après les terribles attentats qui ont frappé notre pays, ce 13 novembre aura également été source de larmes: celles de cinq femmes, qui ont redressé admirablement leur équipe (qui, il y a trois ans encore, nageait dans des profondeurs abyssales), qui se sont battues dignement mais qui ont échoué à seulement une marche du trophée qu'elles convoitaient depuis tant d'années. A l'issue de cette rencontre épique, Kristina Mladenovic, Caroline Garcia, Amélie Mauresmo, Alizée Cornet et Pauline Parmentier ont certainement réconcilié les Français avec un tennis féminin français trop discret ces dernières années (malgré la victoire de Bartoli à Wimbledon). En effet, leur combativité à toute épreuve a illuminé ce week-end et a été source de rencontres très plaisantes à regarder. Hélas, malgré une Caroline Garcia de gala et une motivation sans faille de Kristina Mladenovic, la cruelle loi du sport a décidé de récompenser des Tchèques portées par une Barbora Strycova qui a réduit les espoirs de la France à peau de chagrin.

Un samedi de folie

La rencontre tant attendue a commencé par un hommage aux victimes des attentats qui ont frappés Paris et Saint-Denis il y a un an tout juste. Après avoir entonné leur hymne respectif, le combat entre les deux équipes commence entre un duel entre Kristina Mladenovic et Karolina Pliskova, finaliste du dernier US Open. Le début de match n'est pas favorable à la Française: assez approximative sur sa mise en jeu, la nordiste voit son adversaire la breaker dès le premier jeu du match. Toutefois, la grande joueuse ne se décourage pas et essaie de trouver des opportunités sur le puissant service de son adversaire. A 3-2, Mladenovic trouve ces opportunités et parvient à effacer son break de retard. Toutefois, ses nombreuses fautes directes ne lui permettent pas de rester longtemps au contact de la sixième joueuse mondiale: ainsi, Pliskova prend par deux fois le service de la française et empoche le premier set 6/3. Cela ne décourage pas la Française, qui élève alors son niveau de jeu dans la deuxième manche. Les erreurs en fond de court et au service sont moins fréquentes, si bien que Kiki fait jeu égal avec sa grande adversaire. A 3-3, Mladenovic parvient à breaker son adversaire, avant que cette n'efface son retard un jeu plus tard. Finalement, un break réalisé à 4-4 permet à la quarante-deuxième joueuse mondiale d'égaliser à une manche partout. Les deux joueuses, qui ne veulent rien lâcher, vont livrer un troisième set marathon et épique. Après un début de set accroché, Pliskova prend une sérieuse option en breakant la chouchoute du public et en menant 5-2. Dos au mur, Kiki lâche les chevaux et parvient à recoller à 5-5. Devant la détermination et le courage de la française, les milliers de spectateurs présents transforment la Rhésus Arena de Strasbourg en véritable kermesse. Rattrapée par les crampes (Amélie Mauresmo s'improvise même kiné lors des changements de côté), Mladenovic fait preuve d'une solidité sans faille et ne lâche rien. Ainsi, elle parvient à sauver des balles de match à 9-8. Elle se retrouve même à servir pour le match à 12-11. Hélàs pour elle, Pliskova profite de ce moment pour se réveiller et revenir dans la course. A 14-14, la Tchèque réalise un break fatal et ramène le premier point pour son pays après avoir conclu par un jeu de service victorieux.

Même si la tristesse prédomine chez elle, Mladenovic a profité de son retour dans les vestiaires pour encourager et booster sa compatriote Caroline Garcia. Depuis plusieurs semaines, la joueuse lyonnaise attendait avec impatience cette échéance. Après la défaite épique de sa partenaire de double, la vingt-quatrième joueuse mondiale a actionné le mode commando pour réaliser une partie magistrale contre Petra Kvitova, qui réalisait une fin de saison en boulet de canon. Face à une adversaire au niveau de jeu inconstant, Garcia s'est montrée agressive et appliquée pour remporter son match en deux sets (7/6 6/2) et a ainsi mis les deux équipes à égalité.

Garcia en taulière, le cauchemar Strycova

L'état de grâce montré par Garcia hier, s'est poursuivi aujourd'hui face à Pliskova. Telle Astérix, la française a montré à l'équipe qui a gagné quatre des cinq dernières éditions qu'il allait falloir s'employer pour venir à bout de cette équipe de France qui n'avait rien à perdre. Ainsi, le puissant service de Pliskova n'a pas effrayé la joueuse brune. Au contraire, elle s'est appuyée sur cette puissance pour effectuer des retours de services dévastateurs. Après un premier set convaincant, Garcia a connu un coup de mou qui a permis à la sixième joueuse mondiale, pourtant usée par le marathon qu'elle a effectué hier, de se relancer. Malgré la perte de cette deuxième manche, la française présente encore des yeux de tueur et la mâchoire serrée. Combattive comme jamais, encore énorme au retour de service, le sergent Garcia aligne les uppercuts, met fin aux espoirs de Pliskova et donne un deuxième point à l'équipe de France. La victoire se rapproche pour l'équipe menée par Amélie Mauresmo...

Les deux capitaines décident alors de faire des expériences. Mauresmo envoie Alizée Cornet au combat tandis que Barbora Strycova a pris la place de Petra Kvitova, visiblement émoussée ce week-end. Ce qu'on ne sait pas encore, c'est que le capitaine tchèque a attendu la fin de la rencontre pour envoyer celle qui allait devenir le fossoyeur de notre équipe nationale: Strycova. La  vivace vingtième joueuse mondiale a littéralement brisé les espoirs de cette équipe de France courageuse. Tout d'abord, elle a bouffé une Alizée Cornet qui a souffert pour garder sa mise en jeu. Ainsi, les deux équipes se retrouvent à 2-2 et doivent se départager sur un double décisif. D'emblée, une joueuse illumine le court par sa présence: Strycova. La petite joueuse tchèque, véritable spécialiste du double, a toujours trouvé le coup juste pour dégoûter notre illustre paire Mladenovic-Garcia: son service extérieur a énormément gêné les deux joueuses tricolores, elle a fait douter les françaises sur leurs jeux de service et s'est transformée en une véritable muraille au filet. En face, Garcia et Mladenovic, qui ont fait preuve d'une détermination sans faille, ont accumulé les petites erreurs sur les points importants (notamment sur les balles de break) et ont subi de plein fouet les coups de grâce portée par Pliskova et Strycova. Au final, à chaque set, les deux joueuses tchèques ont breaké en fin de set pour assurer à leur pays sa cinquième Fed Cup en six ans. Les Françaises, malgré une déception non dissimulée, n'ont pas démérité et peuvent être fières de tout le chemin qu'elles ont parcouru ensemble. Même si l'avenir présente toujours une part d'incertitude, on est convaincu que cette équipe de France pourra sabrer le champagne dans quelques années et remporter cette compétition.