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Le Court Central

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Quelques points avant d'aborder la deuxième semaine de l'US Open

Quelques points avant d'aborder la deuxième semaine de l'US Open

La première semaine du dernier majeur de l'année s'achève. Si le tournoi new-yorkais a inauguré le toit qui couvre le Stadium Arthur-Ashe (court de plus de 23000 places) et le nouveau Grandstand et a été le théâtre d'une horrible canicule , on a assisté à de nombreux matchs intéressants, à quelques surprises, à des révélations et à quelques confirmations. On pose, ainsi, les quelques enjeux de la dernière ligne droite du dernier Grand Chelem de l'année.

Rafael Nadal (Crédits Photo: Getty Images/Andy Lyons)

Rafael Nadal (Crédits Photo: Getty Images/Andy Lyons)

- Les nombreux forfaits dont a bénéficié Novak Djokovic: bonne ou mauvaise nouvelle pour le Serbe?

Tout d'abord, pour ceux qui n'ont pas pu suivre vraiment le tournoi, il faut savoir que le numéro un mondial a bénéficié de deux abandons successifs de ses adversaires. A première vue, cela peut constituer une bonne nouvelle pour le Serbe, puisqu'il sera plus frais que ses principaux rivaux (à commencer par Murray) au moment d'aborder les derniers matchs pour viser la gagne. Toutefois, depuis qu'il s'est imposé à Roland-Garros, Djoko renoue avec les problèmes physiques: si son poignet gauche est, en partie, responsable de son échec à Rio, son triceps du bras droit a couiné lors de son premier match à New-York, face au bombardier polonais Janowicz. Comme il n'a pas beaucoup joué depuis un mois, "Nole" doit encore manquer de repères, ainsi que des signes rassurants concernant ses membres supérieurs. On se souvient que ce genre de configuration lui avait porté préjudice dans le passé: en 2011, à Roland-Garros, Djokovic avait bénéficié du forfait de Fabio Fognini en quarts avant de chuter face à Federer en demi.

-Pourquoi Murray se place, pour une fois, comme favori pour la gagne d'un Grand Chelem?

Depuis l'arrivée d'un heureux évènement au début du mois de février, Murray l'avoue: il joue de manière plus libérée et le tennis n'est plus la chose la plus importante dans sa vie. Ainsi, même si on a vu la contraire lors de la finale de Roland-Garros, Murray semble plus relaché et met plus de poids dans sa balle. De plus, le retour d'Ivan Lendl, avec lequel Murray a obtenu les meilleurs résultats de sa carrière, marque une volonté de l'Ecossais d'aller chercher des Grands Chelems et la place de numéro un mondial, après qu'Amélie Mauresmo ait réussi à remettre Murray sur de bons rails. Enfin, très solide pendant la (quasi) totalité de l'année, Muzz profite de la méforme estivale de Djokovic pour empocher de gros titres, enchainer les victoires (il a établi une série de 22 victoires consécutives au cours de l'été) et refaire, progressivement, son retard sur le serbe au classement ATP. Ainsi, cette sérénité qu'a acquise Murray tout au long de ces derniers mois est visible sur les courts de Flushing Meadows. S'il a un peu galéré dans les deux premières manches contre le vétéran italien Paolo Lorenzi, on l'a vu dérouler aussi bien contre Granollers que face au tchèque Rosol. Le reste de son parcours s'annonce plutôt abordable jusque dans le dernier carré: en huitièmes, le numéro deux mondial retrouvera Dimitrov, qui reprend de la confiance depuis quelques semaines mais qui reste un adversaire à sa portée, avant de retrouver Nishikori, qui peut être dangereux même s'il manque encore un peu de puissance et un service de qualité. Le gros teste réside, quant à lui, dans la demi-finale qui peut l'opposer au Dr Jekyll & Mr Hyde du circuit, Stan Wawrinka, ou à Juan Martin del Potro (ou Dominic Thiem).

 

- Pourquoi  Nadal peut-il remporter l'US Open cette année (et battre, au préalable, Novak Djokovic et Andy Murray)?

Parce que son poignet va mieux et qu'il joue dans la même lignée des tournois qui ont précédé Roland-Garros. Il est, d'ailleurs, très curieux de contaster qu'en trois matchs, le Majorquin n'a cédé que vingt jeux, soit un de moins que lors de son dernier sacre aux US en 2013 (au même stade). A New-York, on voit Nadal claquer de nouveau des coups droits aussi liftés que surpuissant compilés avec un service slicé extérieur. Cet enchaînement nous rappelle les grandes heures de Nadal et fait craindre des heures difficiles pour les adversaires qui se dresseront sur sa route. Même s'il s'est montré très hargneux sur ses trois premiers tours sur la Big Apple, Lucas Pouille risque de payer ses nombreuses heures passées sur le courts face au rouleau-compresseur majorquin (à moins qu'il sorte un match exceptionnel). Toutefois, on attend le quart de finale qui se profile entre Monfils et le cinquième joueur mondial, qui constituera un vrai test pour l'ancien numéro un mondial. 

- Et si l'un des principaux outsiders du tournoi se nommait Juan Martin Del Potro?

Depuis qu'elle est revenu, il faut dire qu'elle est monstrueuse, "La Tour de Tandil". Après deux années de blessures, l'Argentin avait fait tombé Stan Wawrinka au deuxième tour de Wimbledon. Toutefois, c'est à Rio que Del Potro a retrouvé son statut d'épouvantail du circuit, en battant Djokovic, Nadal et en gênant Murray en finale. Si son revers a pati des différentes opérations qu'a subi l'ancien quatrième joueur mondial, son coup droit de bûcheron et son sens du déplacement ébouriffant sévissent partout où passe le récent médaillé d'argent olympique. Invité par l'organisation de l'US Open, le grand joueur de 27 ans se retrouve en deuxième semaine, après un début de tournoi impressionnant. Après une victoire inaugurale contre son compatriote Schwartzman, Del Potro n'a fait qu'une bouchée du numéro deux américain, Steve Johnson (face à un public largement acquis au joueur local), avant de museler totalement David Ferrer au troisième tour. Cependant, si on regarde son tableau, on voit que l'Argentin possède toutes ses chances pour se hisser, au moins, dans le dernier carré du tournoi qu'il a remporté en 2009. Tout d'abord, il doit retrouver Dominic Thiem, demi-finaliste du dernier Roland-Garros, en huitièmes de finale. Le 142ème joueur peut clairement gêner ce joueur à qui il faut du temps pour préparer ses coups liftés et puissants. Ainsi, si Del Potro parvient à imposer son rythme de boxeur, Thiem sera pris de court et se retrouvera totalement dépourvu de ses principales forces. Puis, en quarts de finale, il pourrait faire face à Stan Wawrinka, qui s'est encore montré irrégulier à New-York. Tantôt capable de sortir des performances convaincantes, le Suisse a failli sombrer face au modeste britannique Daniel Evans, puisqu'il a dû sauver une balle de match dans le quatrième set. 

 

 

-Avec un bon US Open, Gaël Monfils scelle-t'il définitivement sa présence au Masters?

On va sans doute vite en besogne, mais il y a fort à parier que ce soit le cas. D'abord, il faut rappeler que Novak Djokovic et Andy Murray sont déjà qualifier pour l'échéance londonienne. De plus, on peut considérer que Nadal, Wawrinka, Raonic et Nishikori seront très probablement présents à l'O2 Arena en novembre (sauf accident). Il resterait, donc, deux places que se disputeraient: Monfils, Tsonga, Berdych, Thiem, Cilic, Goffin, et (peut-être) Kyrgios. Or, à New-York, la plupart de ces derniers prétendants ont déjà quitté la piste: Berdych a fait l'impasse à cause d'une appendicite, Goffin est tombé dès le premier tour, Cilic a failli au deuxième tour et Kyrgios a déclaré forfait au troisième tour. Parmi les trois qui restent, Thiem risque de tomber contre Del Potro en huitièmes et laisse de laisser échapper des points aux deux Français. Ainsi, Monfils, huitième provisoire à la Race (et virtuellement qualifié pour le Masters), mettra 400 points à la Race à son premier poursuivant, Tomas Berdych.

Si, à première vue, rien ne semble joué pour le Parisien, il faut savoir que les deux derniers mois de la saison seront riches en tournoi indoor. Et devinez qui aime bien briller en salle, au point d'avoir disputé deux finales à Bercy et avoir remporté quatre titres sur cette surface tout au long de sa carrière? Monfils. En confiance depuis le début de la saison et en quête de points pour assurer son principal objectif de la saison, il est fort probable que Monfils rafle la mise sur tous les tournois indoor de la saison et qu'il composte son billet pour le Masters de Londres.

 

 

- Lucas Pouille réalise-t'il, à New-York, le tournoi le plus abouti de sa jeune carrière?

Même si sa notoriété auprès du grand public reste encore assez faible, Lucas Pouille continue de tracer sa route et réalise une saison 2016 tonitruante. Pour rappel, à peine dans le top 100 en janvier, le nordiste est sur le point de se hisser dans le top 20, notamment grâce à une demi-finale au Masters 1000 de Rome et, surtout, un quart de finale à Wimbledon. Entre temps, Pouille a connu une première sélection impressionnante en Coupe Davis, qui plus est dans le contexte extrêmement lourd de la tuerie de Nice, et estime s'être fait griller sa place des Jeux Olympiques. Cette absence, surtout au vue des polémiques qui ont entouré le groupe France à Rio, et les paroles de son coach, Emmanuel Planque, ont aiguisé les crocs de ce jeune loup de 22 ans.

Si son quart de finale à Wimbledon a eu quelque chose d'opportuniste (Pouille a, quand même, profité des éliminations de Wawrinka et de Thiem), le garçon s'est réellement employé pour se hisser pour la deuxième fois de sa carrière en seconde semaine d'un Grand Chelem. Trop animé dans le soucis de pouvoir jouer la demi-finale de Coupe Davis, Pouille s'est montré très crispé lors de ses deux premiers tours, et s'est emmellé dans des situations peu avantageuse en se retrouvant mené deux sets à rien au deuxième tour. Toutefois, Pouille a montré qu'il avait de la ressource mentale pour s'en sortir et s'est montré incorrigible dans les moments cruciaux. Son troisième tour, face à l'espagnol Roberto Bautista-Agut, réputé pour sa ténacité à toute épreuve, doit constituer un match charnière pour le français: mené deux sets à un, il a totalement renversé la rencontre après avoir accepté de partir au charbon dans la quatrième manche et a écoeuré son adversaire dans la manche ultime.

Face à Nadal, Pouille devra accepter le combat d'entrée et imposer un rythme agressif dès les premiers points s'il veut espérer gêner l'espagnol. Ainsi, il devra se montrer parfait dans tous les compartiments du jeu, peser en fond de court et varier les coups s'il veut espérer devenir le deuxième français à battre "le Têtard des Baléares". En effet, si Nadal commence à installer sa séquence favorite service exter-coup droit, si Pouille commence à céder du terrain sur sa mise en jeu, les choses se compliqueront vraiment pour le jeune espoir du tennis français. Quelle que soit l'issue de la rencontre, cette confrontation à ce stade contre Rafa sera riche en enseignement pour le vingt-cinquième joueur mondiale.

 

Pronostics quarts de finale:

-Djokovic/Tsonga

-Nadal/Monfils

- Del Potro/ Wawrinka

- Nishikori/ Murray