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Le Court Central

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Very Bad Trip

Very Bad Trip

Attendue au tournant lors de ces JO, notamment en double, l'équipe de France de tennis s'est méchamment rétamée à Rio et n'a montré que de très rares motifs de satisfactions. Entre polémiques à gogo et décès brutal, les Français et les instances dirigeantes repartent de Rio bien bredouilles et devront se remettre en question.

"Les jolies colonies de vacances..."

"Les jolies colonies de vacances..."

Avant que la quinzaine olympique ne commence, beaucoup d'entre nous ont nourri de grands espoirs de médailles sur la délégation française de tennis. Après tout, les espérances de breloques étaient justifiées: entre le titre à Wimbledon de la paire Mahut/Herbert (par ailleurs, meilleure paire de double au classement ATP), celui à Roland-Garros de Mladenovic/Garcia, l'été de fou de Gaël Monfils, la bonne tête de série et le quart de finale à Wimbledon de Tsonga, ainsi que les nombreux désistements, les étoiles semblaient alignées pour le tennis français. De plus, on se souvient des JO de Londres mémorables, lors desquels la France avait obtenu deux médailles en double (Tsonga/Llodra en argent et Gasquet/Benneteau en bronze, ndlr). Ainsi, les instances dirigeantes et les joueurs ont crié sur tous les toits qu'ils visaient plusieurs médailles à Rio, avant qu'Arnaud di Pasquale, DTN du tennis masculin, n'en rajoute une couche en affirmant qu'il serait déçu si les tennismen ne ramenait qu'une seule breloque olympique. Ajoutez des photos montrant des joueurs heureux de vivre ensemble les Jeux (sauf Benoît Paire), et tous les ingrédients étaient réunis pour une semaine tennistique sereine pour le clan tricolore. Sauf que rien ne s'est passé comme prévu...

La déception de Mahut et de Herbert (CREDITS PHOTO: Twitter@CanalRio)

La déception de Mahut et de Herbert (CREDITS PHOTO: Twitter@CanalRio)

Le double passe rapidement à la trappe et lance la machine à polémiques des Bleus

 

Rapidement, la délégation française voit ses deux plus belles chances de médaille (dont une possiblement en or) s'envoler. Tout d'abord, Mladenovic et Garcia (ou Kiki et Caca), têtes de série numéro deux du tournoi, se sont inclinées d'entrée face à. Cependant, au lieu de faire profil bas et régler leurs problèmes en interne, les deux jeunes femmes (enfin, surtout Maldenovic) ont explosé et ont offert la première polémique française de ces JO. En effet, dans une série de tweets enflammés, la blonde de la paire reproche vigoureusement à la FFT de ne pas avoir communiqué à sa partenaire et à elle sur le fait qu'elle devait jouer leur double dans des tenues de même couleur. Ainsi, Garcia devait porter une tenue de rechange de Mladenovic à l'envers, car son sponsor est différent de celui de sa partenaire blonde. Cela a, donc, coûté du temps et de l'énergie pour rien, et n'ont jamais réussi à se concentrer sur leur rencontre. Quelques heures plus tard, la FFT répond à la paire qu'elle n'était pas responsable de leur incident et que c'était de leur responsabilité de consulter le règlement de l'ITF (qui organise les JO). Franchement, pour le coup, on ne comprend pas comment ce quiproquo ait pu survenir, sachant que les deux joueuses sont habituées à jouer en Fed Cup dans des tenues de mêmes couleurs (même si les sponsors restent différents).

Cependant, la plus grosse désillusion vient de la paire Mahut/Herbert. Alors que les favoris commençaient à se faire éjecter un à un (on pense aux soeurs Williams, doubles championnes olympiques en titre en double qui voient leur dernier JO ensemble s'achever sur un premier tour anonyme), les deux compères français n'ont, sans doute, pas su gérer la pression liée à leur statut de favoris pour l'or olympique, ainsi que l'excitation qui régnait pour leurs premiers JO. Après une première manche accrochée contre les Colombiens Farah et Cabal, les deux hommes ne se sont pas remis d'un petit coup de mou survenu en début de seconde manche et ont sombré dès le premier tour. C'est dommage, parce que les deux hommes ont noué des liens très forts depuis deux ans, ont montré beaucoup de bonne volonté et ils auraient atteint des sommets encore plus beaux s'ils avaient gagnés ensemble une médaille. On espère qu'il se remettront rapidement de cette désillusion pour nous faire rêver en Coupe Davis.

Toutefois, après ces deux échecs, nous avions pensé que ces quatres joueurs aurait su se remobiliser pour aller loin en double mixte. Malheureusement, les paires Garcia-Herbert et Mahut-Mladenovic n'ont fait guère mieux, puisque toutes deux se sont inclinées dès le premier tour. Au final, le double français, qui devaient constituer notre principal pourvoyeur de médailles, n'a pas gagné un seul match lors de cette quinzaine brésilienne. 

 

Gaël Monfils, l'une des seules éclaircies de ces JO (CREDITS PHOTO: rio.itftennis.com)

Gaël Monfils, l'une des seules éclaircies de ces JO (CREDITS PHOTO: rio.itftennis.com)

Pas vraiment mieux en simple

 

Après la bérésina du double, on s'est intéressé au simple, même si nos chances de médailles semblaient moindres. Toutefois, l'élimination précoce de Djokovic a considérablement ouvert le tableau. Ainsi, on avait cru que Jo Wilfried Tsonga, qui devait théoriquement rencontrer le numéro un mondial en quarts, allait profiter de cette opportunité pour s'illustrer et gagner une médaille en simple, quatre ans après l'argent du double à Londres. Hélàs, il s'avère que le Manceau est arrivé blessé à un orteil à Rio. Ainsi, après avoir frisé la correctionnelle contre le Tunisien Jaziri, la tête de série numéro cinq de ce tournoi est tombé contre le gros serveur luxembourgeois Gilles Muller. Si Gilles Simon a réalisé un parcours mi-figue mi-raisin (défaite en huitièmes contre Nadal), Gaël Monfils, lui, nous a fait vraiment vibrer. Après son titre à Washington et sa demi-finale au Masters 1000 de Toronto, le Parisien a confirmé sa bonne forme à Rio, malgré la fatigue. Après des victoires tranquilles contre le Canadien Pospisil et le joueur local Dutra Silva, La Monf' s'est employé pour battre le Croate Marin Cilic. En quarts, le onzième joueur mondial a offert l'une des parties les plus haletantes de ces Jeux contre Kei Nishikori. Dans une rencontre au cours de laquelle les deux joueurs n'ont rien lâché, Nishikori a cruellement enterré les espoirs de médailles de Monfils: le Français s'était, en effet, procuré trois balles de matchs dans l'ultime tie-break avant de craquer et voir le sixième joueur mondial les effacer et remporter la partie. 

Les filles quant à elles, se sont toutes inclinées au deuxième tour, face à des joueuses de standing. Mladenovic a failli battre Madison Keys (neuvième joueuse mondiale), future demi-finaliste du tournoi. Garcia n'a rien pu faire face à la Britannique Johanna Konta. Enfin, Cornet, après avoir tenu un set, s'est montrée trop juste pour s'imposer contre Serena Williams.

Partners in Crime

Partners in Crime

A Rio, Benoît commet des imPaires

 

Et là, vous arrivez à la fin du résumé, et une question vous taraude: mais où est passé Benoît Paire? On garde le meilleur pour la fin. Sur le plan sportif, ce n'est pas non plus horrible (même si ce n'est pas terrible): même s'il a perdu au deuxième tour face à Fognini (autre loco du circuit), il s'était quand même procuré quelques balles de matchs avant de s'incliner. Cependant, être aussi prétentieux alors que le gars ne doit sa place qu'à l'absence de Gasquet et à de la chance (à quelques semaine près, c'est Lucas Pouille qui faisait le voyage à Rio), c'est gonflé. Même si on peut blâmer l'ITF de ne pas accorder de points aux joueurs, comment peut-on affirmer que les JO ne sont qu'un tournoi de plage, qui n'est qu'une étape pour Cincinnati et l'US Open? Quand vous regardez les larmes de Djokovic, de Williams, de Del Potro, l'exploit de Monica Puig, et la motivation de Rafael Nadal (qui a voulu faire les trois épreuves), cela m'étonnerait que les JO ne soient qu'un simple tournoi lambda. Si cela l'embêtait de venir, il vallait mieux qu'il laisse sa place à un autre joueur qui aurait, sans doute, mis plus de coeur à l'ouvrage.

Ensuite, le père Paire estime que les JO ne sont pas intéressant parce qu'ils ne rapportent rien. Après tout, une médaille d'or rapporte autant qu'un deuxième tour à l'US Open (soit l'équivalent de 50000 euros). Sauf que, ce qu'a oublié Paire, c'est qu'en plus de constituer quelque chose que personne ne peut lui enlever et d'être un argument de poids pour entrer dans le panthéon du tennis français, une médaille aux JO peut lui amener d'autres sponsors (plus ou moins prestigieux, selon son charisme), et donc des gains qui peuvent s'élever au-delà de la prime versée par l'Etat. Or, en tant qu'auto-entrepreneur, la venue d'autres mécènes ne constitue qu'un atout de taille, puisque cela lui permet de payer plus facilement son équipe, de l'élargir, ou de faire plus de marges sur ses gains. Là, en se comportant comme un imbécile (sans avoir le palmarès de certaines têtes brulées comme McEnroe), Benoît Paire n'arrange pas son image, et il vaudrait mieux qu'il ne se trouve pas en fin de contrat avec l'un de ses équipementiers sous peine de voir ce partenaire disparaître. 

Toutefois, dans cette histoire, Benoît Paire n'est pas le seul à blâmer. En effet, l'attitude de la DTN et de Jean Gachassin et de France 2 font rire jaune. Tout d'abord, quel est l'intérêt pour Arnaud di Pasquale d'annoncer l'exclusion de Benoît Paire de l'Equipe de France, au moment où le trente-deuxième joueur mondial venait de se faire sortir du tournoi olympique? Di Pasquale n'a t'il pas abusé de sa double casquette de consultant pour France TV pour faire son annonce? Au lieu de régler les problèmes en interne avec Paire,  Ensuite, les commentaires de France 2 lors de cette allocution m'ont donné la gerbe. Ecoutez l'extrait ci-dessous, faites-en votre propre avis, mais voir Laurent Luyat et Michael Llodra lêcher les bottes de la Fédé et se donner à coeur joie pour en rajouter une couche (faut-il rappeler les rapports glaciaux qu'entretiennent Michaël Llodra, qui a quand même fait quelques bêtises, même s'il a toujours répondu présent pour l'Equipe de France., et Benoît Paire) alors que la couverture de France TV pour Roland est scandaleuse (tant au niveau de la diffusion que des commentaires), c'est prendre les gens pour des pigeons. Enfin, il y a le président Gachassin. En plus de ne pas avoir fait avancer le dossier Roland-Garros pendant huit ans, le président de la FFT traîne quelques casseroles, notamment dans une affaire de double-billetterie, et ses deux mandats resteront marqués par la diminution de la diffusion de Roland-Garros en clair et par la baisse du nombre de licenciés à la FFT. Il suffit de voir la réaction du Président de la FFT, qui n'a l'air de ne rien comprendre lorsqu'on lui parle de l'affaire Paire, pour comprendre que le type s'est organisé des vacances tout frais payés.

Toutefois, malgré toutes ces péripéties, l'Equipe de France de tennis n'étaient pas au bout de ses mauvaises surprises. En effet, le lendemain de la défaite de Monfils en quarts, nous avons appris la disparition soudaine de Patrick Bordier, kiné des Equipes de France de Fed Cup et de Coupe Davis, suite à une crise cardiaque. Le Court Central adresse ses sincères condoléances à sa famille et à ses proches dans ses moments de tristesse infinie.