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Le Court Central

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2016: L'Année Raonic?

2016: L'Année Raonic?

Après une saison 2015 globalement minée par les blessures, Milos Raonic semble revenir très fort en ce début de saison 2016 et impressionne les observateurs du tennis par les progrès effectués dans son jeu. Simple coup d'éclat ou véritable confirmation?

2016: L'Année Raonic?

Ce début de saison 2016 paraît étrange. Le mois de mars est en passe de s'achever et, hormis Novak Djokovic, pas un seul top player semble réaliser les performances que son rang exige. La tournée américaine de Murray vire au fiasco ( avec son nouveau statut de père, le Britannique peut avoir, logiquement, la tête ailleurs), Federer est blessé au genou et n'a disputé que Brisbane et l'Open d'Australie en janvier. Stan Wawrinka et David Ferrer calent de manière précoce, Berdych et Nishikori ne s'affirment pas vraiment. Hormis le n°1 mondial, un seul joueur attise à curiosité: Milos Raonic. Retombé au 14eme rang en fin d'année dernière, le Canadien étonne tous les acteurs du tennis qui l'ont observé. Depuis le début de l'année, le nouveau protégé de l'ex-numéro un mondial Carlos Moya  expose ses progrès au grand jour. Si son service reste un élément central de son jeu, il a su étoffer sa palette. Le colosse d'1m96 est devenu beaucoup plus consistant dans l'échange: il retourne beaucoup mieux, et se montre plus solide du fond du court. Cependant, c'est dans le secteur de la volée que l'ancien n°4 mondial reconnaît avoir le plus travaillé lors de l'intersaison: 

 

J'ai passé beaucoup de temps au filet. Ce n'est pas qu'une question de confiance, c'est aussi une question de comprendre ce que l'on fait, en fonction des situations. Pas seulement de savoir comment finir les points au filet, mais aussi de mieux son filet à la volée ou de mieux bouger pour faire cogiter son adversaire.

L'Equipe.fr

Ainsi, il peut enchaîner un service canon avec une volée de qualité, sachant que sa grande taille et sa présence sur le court rendent les passings compliqués pour des spécialistes de la matière comme Novak Djokovic, Rafael Nadal ou Andy Murray. Si une gouttière masque ses dents pour lui permettre de garder l'équilibre, elle ne peut empêcher de cacher ses crocs et ses ambitions pour cette saison 2016.

Tout ce travail de fond a porté rapidement ses fruits. Dès le premier tournoi de la saison, à Brisbane, cet amateur d'art moderne a montré son sérieux en emportant le trophée de vainqueur, après avoir dominé Roger Federer en finale. Cependant, c'est à Melbourne que Raonic a suscité la crainte chez ses adversaires. En effet, lors du premier Majeur de la saison, il a confirmé ses bonnes dispositions et s'est hissé dans le dernier carré, après avoir écarté Stanislas Wawrinka et Gaël Monfils sur son chemin. En demi-finale, il a sérieusement mis à mal Andy Murray mais, à cause d'une douleur aux adducteurs, son parcours s'est arrêté aux portes de la finale. Après une pause en février (il n'a pas disputé le premier tour de Coupe Davis contre la France), le natif de Pogdorica est reparti de plus belle dans l'oasis californien d'Indian Wells, où il a, certes, pris une sévère déculotée en finale face à Novak Djokovic. A l'heure où cet article est en train d'être bouclé, la route du bombardier canadien semble se dégager pour atteindre une nouvelle finale de Masters 1000, cette fois-ci à Miami. Si cela se confirme, cela placerait Raonic comme le meilleur joueur du circuit en 2016, derrière Novak Djokovic. De plus, sa polyvalence sur toutes les surfaces (et oui, même sur terre battue) ferait de lui un véritable outsider sur la globalité de la saison. 

Cependant, cela va t'il, pour autant, lui assurer d'effectuer une saison énorme? Malheureusement, il n'est pas immunisé face à un scénario catastrophe. En effet, outre un probable retour de forme des Murray, Nadal ou Federer, le Canadien n'est pas à l'abri de se brûler les ailes.  Pour le prouver, revenons un an en arrière. En 2015, à ce moment-ci de la saison, Raonic restait sur un quart de finale en Australie, une demi-finale à Indian Wells et à Rotterdam. Un parcours tout à fait satisafaisant, mais légèrement moins bon que celui qu'il propose cette année. Cependant, les choses se sont gâtées à Monte-Carlo: sur la Riviera, les blessures sont apparues au même moment que les premiers beaux jours du printemps. Ainsi, sa tournée européenne sur terre a été tronquée à cause d'un pied droit douloureux qui enterrinera son absence à Roland-Garros et causera sa chute dès le troisième tour à Wimbledon. Si 2015 s'est également mal fini physiquement pour lui (cette fois-ci à cause de son dos), elle s'est finalement révélée rageante mentalement. En effet, quelques mois après avoir atteint le pied du podium mondial, Milos se retrouve presque ejecté du top 15 suite à de nombreuses semaines minées par les pépins physiques. Ainsi, outre le fait de vouloir dominer sur le court, l'objectif principal de Raonic cette année reste d'éviter ces petits désagréments qui peuvent altérer son ascencion vers les sommets. Avant lui, de nombreux joueurs talentueux se sont cassés les dents à cause de leur condition physiques: on pense, notamment, aux Australiens Pat Cash et Mark Philippoussis, au Croate Mario Ancic,  au Suédois Joachim Johansson, voire même à Juan Martin Del Potro. A 25 ans, Milos Raonic n'est plus tout à fait un jeune premier, mais s'apprête à vivre des années riches en prestigieuses victoires. Il serait dommage de voir ces années gâchées par des blessures récurrentes....