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Le Court Central

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L'extension de Roland-Garros se prend les pieds dans le filet

L'extension de Roland-Garros se prend les pieds dans le filet

Depuis longtemps invoquée, l'extension de Roland-Garros, qui semble vitale pour l'attractivité du tournoi du Grand Chelem français, connaît plusieurs interférences dans son avancée. Ainsi, aujourd'hui, la mise en place des travaux d'aménagement nécessaires prend du retard et les changements apportés par le projet de modernisation du site ne devraient être visibles qu'à partir de 2019 (au lieu de cette année, initialement). Alors, pourquoi en est-on arrivé à cet immobilisme? Quelle est la position des différents acteurs? Au final, délocaliser "Roland" de son site emblématique aurait-il constituer une meilleure idée? (article initialement publié le 3 juin 2015)

Aperçu du Court Philippe-Chatrier avec son toit

Aperçu du Court Philippe-Chatrier avec son toit

Tout d'abord, quels sont les différents changements envisagés pour moderniser le site?

 

La modernisation de Roland-Garros passe par quatre axes:

 

- Le premier concerne la couverture du Court Philippe-Chatrier: en effet, la quinzaine parisienne n'est pas exempte de certaines condition climatiques défavorables comme la pluie. Cela permettrait, également, de faire abstraction de la baisse de la luminosité pour disputer des rencontres en nocturne (comme c'est le cas dans les trois autres tournois du Grand Chelem). De plus, il faut rappeler que Wimbledon s'est dôté, en 2009, d'un toit, qui se rétracte en un quart d'heure, tandis que les trois courts principaux de l'Australian Open en possède un. Ainsi, afin de ne pas se retrouver largué face à la concurrence des autres évènements de son standing, la mise au point de ce toit rétractable semble indispensable. Initialement prévu en 2016, on ne devrait pas voir ce toit recouvrir le Philippe-Chatrier avant 2020.

 

- Ensuite, le projet inclut une refonte du Fond des Princes, situé à gauche du Suzanne-Lenglen. Cet espace, comprenant un esapce dédié à la logistique et aux relations publiques, devraient vraisemblablement connaître quelques remodelages. Ainsi, à la place des six courts et du gymnase présents actuellement, sept terrains, dont un avec une capacité de 2200 places verront le jour.

 

-Puis, l'organisation du tournoi connaîtra un coup de jeune. En effet, tout un bâtiment lui sera consacré à deux pas du Central pour gérer de la meilleure des manières tous les aléas sportifs et logistiques liés à l'évènement. De plus, ce building abritera, également, le village du tournoi, une terrasse, ou un jardin. Par ailleurs, l'espace média subira un lifting afin de s'adapter aux moyens de communication d'aujourd'hui

 

-Enfin, à droite du Philippe-Chatrier, du changement est attendu. En effet, l'actuel court n°1 sera détruit afin d'aggrandir la Place des Mousquetaires et y aménager une pelouse. Cependant, un nouveau court n°1 sera construit au niveau des Serres d'Auteil, dans un espace logistique, endommagé par la tempête de 1999 et ne bénéficiant pas du titre de "Monument Historique", à la différence de l'ensemble des Serres. Pour rejoindre ce court, il vous faudra emprunter l'allée des Serres.

Le plan du nouveau Roland-Garros

Le plan du nouveau Roland-Garros

Qui sont les différents intervenants?

 

- L'acteur central de cette modernisation est, sans surprise, la Fédération Française de Tennis (ou FFT) . Chargée de promouvoir le tennis, à tous les étages, dans tout l'Hexagone, et principal financeur (à 88%, précisément) d'un projet au côut estimé à 273M€, c'est elle qui a initié ce projet de rénovation du complexe tennistique le plus connu de France. L'organisation présidée par Jean Gachassin paiera la somme qu'elle prend en charge au cours de quatre années de travaux. De plus, en cas d'extrême urgence et de frais lourds, elle bénéficie d'une réserve de 50 M€. 

 

- La mairie de Paris est, elle aussi, impliquée dans ce projet. En effet, la ville de Paris accueille cet évènement qui compte trois milliards de spectateurs chaque année. Cependant, son financement ne s'élève qu'à 20M€. De plus, elle propose à la Fédération d'occuper le site pendant 99 ans. Ainsi, c'est elle, à travers le Conseil de Paris, qui valide les difféntes orientations prises par la FFT pour moderniser le site. 

 

Jean Gachassin, président de la FFT (deuxième en partant de la gauche) et Anne Hidalgo, maire de Paris

Jean Gachassin, président de la FFT (deuxième en partant de la gauche) et Anne Hidalgo, maire de Paris

Pourquoi l'avancée des travaux prend-elle du retard ?

 

En févrirer 2011, les différents membres de la fédération de tennis votent le maintien de Roland-Garros sur son site historique. Depuis les différents acteurs du projet ont connu différents obstacles. Ainsi, à peine adoptée, cette extension a, d'abord, connu des oppositions politiques, de la part des écologistes et de l'UMP (pardon, des Républicains). Ensuite, la mise en place a traîné à cause des différents passages du dossier face à de multiples commissions: d'abord prévue en 2016, la livraison du Nouveau Roland-Garros a été repoussée en 2017, puis en 2019. Cependant, l'opposition la plus virulente vient des riverains, qui ont déposé un recours devant le Tribunal Administratif de Paris début 2013. Le rapporteur auprès du tribunal met en avant le statut de Monument Historique des Serres et recquiert l'annulation de la convention avec la Ville de Paris. Le verdict tombe, et s'avère constituer un coup dur pour la FFT: le tribunal recquiert l'annulation de cette convention et la copie de la "Fédé" menace d'être reprise à zéro. 

 

Soucieux de protéger les Serres d'Auteuil tout en favorisant l'expansion de Roland-Garros, les riverains s'organisent pour proposer une solution alternative. D'après le plan ci-dessous, ils préconisent une couverture de l'A13 large de 4500 m2, ce qui permet d'y déplacer les courts annexes situés entre le court Philippe-Chatrier et le Court Suzanne-Lenglen. La place des Mousquetaires, quant à elle, se trouverait entre les deux principaux courts de Roland-Garros. Pour remédier à l'aggrandissement du Court n°1, les associations proposent de réhausser le court de cinq mètres afin de gagner 1200 places supplémentaires.

Le contre- projet des riverains.
Le contre- projet des riverains.

Le contre- projet des riverains.

Cependant, en France, comme on aime faire compliqué, les péripéties ne se sont pas arrêtées . En avril 2013, la FFT dépose un recours auprès du Tribunal Administratif de Paris, tout en ayant conservés les modalités techniques du projet. Cependant, après avoir montré son refus un aplus tôt, ce même tribunal donne, cette fois-ci, son accord pour la modernisation et l'aggrandissement du complexe tennistique le plus connu de France. Les différents opposants riverains, qui promeuvent les intérêt des travailleurs et des habitants du quartier d'Auteuil, font appel, mais une autre commission valide les trois permis de construire déposés par l'organisation dirigée par Jean Gachassin. 

 

Enfin, en cette année 2015 qui verra Paris accueillir le sommet écologique COP 21, Ségolène Royal, ministre de l'Environnement, décide de laisser une chance au projet alternatif, au contraire de Manuel Valls, qui souhaite la réalisation du projet de la FFT tel quel. Face à cette oppostion gouvernementale, le Conseil de Paris commande l'examen du projet alternatif. Ainsi, le 18 mai dernier, le cabinet EGIS rejette le projet alternatif, même s'il le juge réaliste: il implequerait, non seulement, un surcoût de 48 millions d'euros, mais également, un retard de cinq de la livraison du nouveau stade. Cependant, le dernier retournement de situation en date suggère un report du projet mené conjointement par la FFT et la Mairie de Paris formulé par les conseillers municipaux d'EELV et l'UMP-UDI auprès du Gouvernement. En effet, lors du dernier Conseil de Paris, les trois partis ont mis en minorité Anne Hidalgo et ses compères socialistes, arguant un possible conflit d'intérêt concernant Marc Mimram, un des architectes sollicité par la FFT pour mener à bien .

Est-ce finalement une bonne idée de ne pas avoir délocalisé le tournoi?

 

Avant d'être certain de rester dans la capitale, Roland Garros a été mis en concurrence avec trois autres villes: Marne-la-Vallée, Gonesse et Versailles. Malgré des idées pertinentes et la possibilité de s'aggrandir de manière conséquente, la délocalisation aurait, cependant, coûté deux fois plus cher qu'une simple extension parisienne. Cependant, si on devait prendre en compte Roland-Garros par rapport aux autres tournois du Grand Chelem, le problème de la distance aurait parru insignifiant, quand on sait que Wimbledon se situe à une heure de Londres (ce qui explique pourquoi, les joueurs louent des appartements à proximité) et Flushing Meadows à une demi-heure de Madison Avenue. Pour être plus précis et exhaustif, considérons les trois autres canditatures soumises en 2011.

 

- Le gros avantage que possédait Marne-la Vallée était de proposer un terrain grand de 30 à 35 hectares, ce qui aurait fait de Roland-Garros, le Tournoi du Grand Chelem le plus grand, en terme de superficie. Ainsi, la commune de Seine-et-Marne, aurait pu construire le complexe de ses rêves et doper son économie en aménageant, également, des restaurants, des boutiques, des hôtels (qui plus est, également à proximité de Disneyland) et des entreprises. Jusqu'à présent locataire du site de la Porte d'Auteuil (la FFt s'acquiert de 6 millions d'euros par an à la Mairie de Paris), la FFT aurait acquis le statut de propirétaire du terrain, si elle avait déménagée là-bas. Cependant, le manque de proximité avec la capitale (il faut compter une heure de route pour relier le huitième arrondissement de la capitale à Marne-la-Vallée) a freiné la "Fédé" à soutenir la candidature marnovallienne, pourtant dynamique. 

 

- Plus proche de Paris que Marne-la-Vallée, Gonesse pouvait bénéficier de la proximité du Bourget et de Roissy. Ainsi accessible, la ville du Val-d'Oise abait présenté, dans son exposé, un terrain de 22 hectares, soit trois fois et demi plus large que l'actuel site parisien. Cependant, on ne peut dire que Gonesse rayonne à l'international. Or, pour un évènement qui rassemble, chaque année, trois milliards de télespectateurs, ça ferait un peu tâche...

 

- Versailles aurait, certainement, présenté l'alternative la plus crédible à Paris. La ville royale, dont le château est reconnu dans le monde entier, mettait à disposition un terrain de 35 hectares (soit trois fois et demi plus grand que la superficie de Roland). Plus proche de Paris que ses autres concurrents (18 km séparent les deux villes), possédant la même clientèle que celle du seizième arrondissement de Paris, la somme qu'il aurait fallu débourser pour faire naître un important complexe tennistique (soit 549M€, contre 350M pour rester à Paris) avait dissuadé les membres de la FFT de s'installer là-bas. De plus, la proximité avec le Château aurait entraîné des contraites architecturales, et économiques.

 

 

Roland Garros x Marne-la-Vallée

Roland Garros x Marne-la-Vallée