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Le Court Central

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Révélation de l'année: Nick Kyrgios

Révélation de l'année: Nick Kyrgios

Encore inconnu (ou presque) au début de l'année, Nick Kyrgios, 19 printemps, a révélé son jeu audacieux tout au long de la saison, notamment à Wimbledon où il a sorti le grand Rafael Nadal. Charismatique, les pieds sur terre, Kyrgios est, peut-être, le champion que l'Australie attend depuis Lleyton Hewitt. Portrait de la révélation de l'année 2014.

Révélation de l'année: Nick Kyrgios

Détonnant: tel est l'adjectif qui pourrait correspondre le mieux à l'Australien en cette année 2014. En effet, quand on regarde Kyrgios jouer (ou entrer sur le court), on remarque, tout de suite, qu'il n'a rien du jouer lambda; grand, les oreilles percées, coupe de cheveux empruntée à Cristiano Ronaldo, et déambulant dans les couloirs des tournois avec son casque rose flou sur les oreilles: le voir composer une équipe de foot ou de basket (l'un de ses sport préférés, où il excelle également) n'aurait pas été une surprise. Pourtant, cette même audace transpire, également, sur le court: à l'heure où le jeu est essentiellement implanté au fond de court, "Nicky" monte systématiquement au filet, après une première balle terriblement efficace et des frappes sèches monstrueuses. Cela rappelle, bien sûr, ce tennis australien d'attaquants, porté par Rod Laver, John Newcombe, Pat Cash, et, plus récemment, par Patrick Rafter ou Mark Phillipoussis. Ainsi, s'il est un savant mélange de culture entre l'Australie, la Grèce (par son père) et la Malaysie (par sa mère), son ADN tennistique, lui, est purement australien.

Espoir d'un tennis australien en berne.

L'Australie, d'ailleurs, reste la terre où il a acquis ses premiers galons. Après quelques années de galère, le pays des Wallabies voit immerger trois potentiels champions: le sulfureux Bernard Tomic, le benjamin Thanasi Kokkinakis (dont il est proche) et lui. En 2013, c'est dans la chaleur australe qu'il gagne un titre de Grand Chelem chez les juniors. Au bout du monde, le public s'interresse et place des attentes en lui. Ces dernières seront confirmées à Roland-Garros, quelques mois plus tard: alors qu'il est invité par les organisateurs dans une grande discrétion, il parvient à franchir un tour en écartant Radek Stepanek (ex neuvième joueur mondial) en trois sets. Cette performance encourageante, tapera dans l'oeil de Pat Rafter (alors capitaine de Coupe Davis), qui le convoque pour le barrage en septembre. Là-bas, il y retrouvera Lleyton Hewitt (ancien n°1 mondial, vainqueur de Wimbledon 2002 et de l'US Open 2001) et Tony Roche (grand joueur australien, entraîneur de Federer entre 2005 et 2007), qui ne tarderont pas à le prendre sous son aile. Alors dilettante, il s'investit comme jamais pour faire monter le groupe australien dans l'élite mondiale et devient un bourreau de travail. Les premiers résultats se font, aussi, remarquer chez lui, lors de l'Australian Open 2014. Après une victoire au premier tour face à Benjamin Becker, il se bat au bout de lui-même et sort avec les honneurs face à Benoît Paire en cinq manches. Intelligemment, il en tire les conclusions et décide de travailler son physique, comme jamais: " C'est quelque chose que je dois bosser tous les jours. Être plus affûté, plus fort, gagner en expérience pour gagner ce genre de matchs la prochaine fois. Je vais donner le meilleur de moi-même pour." déclare-t'il à l'ATP.

London Calling

Ces efforts commencent à payer dans la foulée, sur le circuit Challenger, où il enchaîne les victoires (à Savannah, à Sarasota et à Nottingham). Fort de son potentiel, il obtient une Wild-Card à Wimbledon. Les organisateurs ne se sont pas trompés: il a constitué la principale attraction du tournoi. Au deuxième tour, il affronte Richard Gasquet dans un match épique: après avoir été mené deux sets à rien, Kyrgios sort vainqueur de ce choc, non sans avoir sauvé… neuf balles de matchs (!). Le Français ne tarit pas d'éloges: pour lui, Kyrgios "est l'avenir du tennis, un potentiel top 5, un vainqueur de Grand Chelem en puissance". Sa route ne s'arrête pas là, et ce qu'il va effectuer en huitièmes de finale va connaître un retentissement mondial. En effet, peu de joueurs ont eu le cran de battre Nadal comme il l'a réalisé (l'article est à retrouver dans le blog) . L'équation est simple: le dernier à l'avoir effectué en Grand Chelem est Jo-Wilfried Tsonga en Australie, en 2008. Ce jour là, le natif de Canberra joue sur une autre planète: service-volée impeccable, angles trouvés imparables, et même quelques coups de grâce, comme ce tweeter-amorti de tout beauté. En face, Rafa ne peut rien faire, subit, et doit s'incliner en quatre manches.

A l'issue de cette rencontre, il est adoubé par la grande messe du tennis, avec en figure de proue, un certain John McEnroe: "Il a le potentiel pour devenir une star en puissance (…) Après sa performance, je pense qu'il peut faire partie du top 5". Malgré sa défaite en quarts de finale face à Milos Raonic, il poursuit sa route et se montre dangereux sur le ciment new-yorkais, dans une ambiance qu'il affectionne particulièrement. Là-bas, il élimine ,d'emblée, le quart-de-finaliste sortant Mikhaïl Youzny avant que Tommy Robredo ne l'arrête au troisième tour. Cependant, il décide de couper les ponts dès la fin septembre, voulant se reposer et se remettre de ce qu'il a vécu ces derniers mois. On aura à coeur de le retrouver chez lui, en Australie dès le mois de janvier, après avoir remporté la médaille Newcombe (qui récompense le joueur de tennis australien).