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Le Court Central

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Joueur de l'année: Roger Federer

Joueur de l'année: Roger Federer

Après une saison 2013 très moyenne, la légende suisse est revenu très fort cette année pour conquérir (entre autres) l'un des derniers titres qui lui manquait à son palmarès: la Coupe Davis. Convaincant au fil des tournois, Federer assoit, de cette manière, un peu plus sa place dans le panthéon du tennis, et de ceux des plus grands sportifs de tous les temps.
Joueur de l'année: Roger Federer

Roger Federer joueur de l'année? Cela n'a pas été un choix simple à trancher, tant deux joueurs ont, principalement dominé le tennis mondial: Federer et Djokovic. En effet, il ne faut pas oublier la saison solide (sans atteindre la perfection, non plus) de Novak Djokovic, qui constitue un numéro un mondial convaincant et qui s'installe, petit à petit, comme l'un des meilleurs joueurs de l'histoire de ce sport. A ces paramètres, il faut ajouter la sublime finale de Wimbledon disputée entre les deux joueurs, et qui a tourné à l'avantage du serbe, ainsi que la partie indoor dantesque de Nole. Cependant, cela semble demeurer une évidence: 2014 restera comme l'année où Federer a décroché sa première Coupe Davis, une étape de plus dans l'exceptionnel. Cela paraît d'autant plus vrai pour nous, français, qui avons été les victimes (en quelques sortes) de la machine Federer. Ainsi, face à cela, nous ne pouvons que nous incliner.

Au top sans discontinuité

Sans constituer sa meilleure saison, 2014 reste un bon millésime pour le suisse. Tout d'abord, couronné de cinq titres (dont deux Masters 1000 à Cincinnati et à Shanghai ), et figurant dans six autres finales (dont Wimbledon, le Masters, Indian Wells et Monte-Carlo), Roger aura répondu présent tout au long de la saison, ou presque (sa seule inactivité reste la période européenne sur terre, où deux merveilleux évènements lui sont parvenus ). Malgré l'absence de trophée en Grand Chelem, Rodg' a, quand même, bien figuré dans l'ensemble en majeur: intraitable jusqu'à sa demi face à Nadal à l'Australian Open, très solide à Wimbledon (il n'aura laissé qu'un set en route jusqu'à la finale), il a, certes, connu plus de difficultés à l'US Open (où il tombe en demi face à Cilic, qui réalise la semaine de sa vie, ndlr) et, surtout, à Roland où il paye son manque de préparation face à un Ernests Gulbis survolté. Totalisant, ainsi, un ratio de 73 victoires pour 12 défaites, "FedEx" signe sa meilleure performance en la matière depuis 2007. A sa manière, il prouve qu'il est, non seulement, capable d'enchaîner les matchs ( moins qu'en 2003 et 2006, mais autant qu'en 2005 et plus qu'en 2004, 2007 et 2009 - années considérées comme les meilleures du génie suisse - ), mais aussi de rester compétitif. Enfin, pour réparer une anomalie qui subsistait dans son palmarès, le détenteur de 17 titres du Grand Chelem a aménagé son calendrier pour mener, avec son compère Wawrinka, son pays vers le Saladier d'Argent. Dans cette campagne victorieuse, il n'aura connu qu'une seule défaite face à un Gaël Monfils hallucinant.

L'étoffe des champions

Cette saison de Federer paraît d'autant plus lumineuse au vue de ce que le numéro 2 mondial a pu nous proposer l'an dernier. Souvenez vous de cette défaite indigne au deuxième tour de son jardin londonien, de ce huitième de finale complètement raté à l'US Open face à Robredo, de ce mal de dos récurrent qui lui a empêché d'exprimer son jeu de jambes correctement. Tout cela, qui avait fait douter le grand public sur la capacité de Federer à concurrencer les meilleurs, semble bien loin. Aujourd'hui, RF a retrouvé le jeu de jambes extrêmement précis qui a fait (entre autres) sa marque de fabrique. S'il ne possède, certes, plus l'exigence physique pour rivaliser avec les Nadal ou Djokovic, l'ancien n°1 mondial a su faire évoluer son jeu vers l'avant et abréger les échanges, sous l'impulsion de Stefan Edberg, son entraîneur et très beau volleyeur. Quant au mental, on ne reste pas à ce tel niveau à 33 ans, sans posséder une véritable mentalité de champion, qui plus est, lorsqu'on est père de quatre enfants. En effet, combien de joueurs ont su rester compétitifs et aussi épanouis que lui au même âge? Très peu. Dans cette "short-list", on peut, seulement, inclure Andre Agassi, qui a, cependant, bénéficié d'une concurrence objectivement et qualitativement moins dantesque (en 2003, bien sûr). Tous les autres étaient, à cet âge, soit retirés des courts (Sampras, Borg), soit déclinant (McEnroe, Lendl, Connors).

Si on élargit cette réflexion dans le panthéon des sportifs, on se rend compte que Federer tient véritablement sa place parmi les plus grands. Extrêmement charismatique, ambassadeur pour l'UNICEF, véritable marque à lui tout seul, et capable de soulever les foules de New-York à Tokyo (en passant par Rio, Casablanca, Paris ou Bangkok) : Federer continue de fasciner les amateurs de sport du monde entier et de faire naître des vocations auprès des plus jeunes. Tout cela se ressent, bien sûr dans ses revenus: en 2012, "Rodgeur" a amassé la somme colossale de 72 millions de dollars (2ème sportif le mieux payé, cette année là), dont 65 qui dépendent exclusivement de la publicité. Si on ne peut se limiter au simple critère de l'argent, il rejoint ce groupe fermé de sportifs qui ont autant marqué leur empreinte dans leur sport respectif. Parmi eux, on peut citer, entre autres, Tiger Woods au golf, Michael Jordan au basket, Bolt à la course, Zidane au football, Loeb au rallye ou encore Schumacher en F1 (voire Tony Hawk au skate). En effet, chacun d'eux a une particularité qui les distingue des autres: combien d'entre nous se sont montrés fascinés par les dunks de "his airness", le swing du Tigre, ou par la classe de Federer? Toute la planète. Enfin, comme la plupart des personnes cités précédemment (auquel, on peut ajouter Mohammed Ali et enlever Bolt, qui reste jeune), Roger continue de prendre du plaisir et de rester au top malgré son âge relativement avancé pour un sportif. A moins d'être consommateurs de produits magiques comme Lance Armstrong, il faut posséder une envie et un amour pour son sport afin de continuer d'être sous les feux des projecteurs face à la jeune concurrence. C'est cela qui constitue l'étoffe des champions.