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Le Court Central

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La seconde partie de saison en question

La seconde partie de saison en question

Avec le Masters 1000 de Toronto, commencé lundi, nous entrons dans la seconde partie de saison, décisive dans la course au Masters et marquée par la dernière levée du Grand Chelem de l'année, à l'US Open (25 août-7 septembre). Après une première partie de saison, marquée par des révélations, des surprises, mais aussi par des déceptions,nous nous intéressons, à travers 11 questions, sur la fin de saison qui s'annonce palpitante.

La seconde partie de saison en question

Djokovic va t'il conserver sa place de n°1 mondial?

Pour que Djokovic conserve sa place de n°1 mondial, il faudra plusieurs ingrédients. Le premier consistera à survoler la tournée américaine, ainsi que l'US Open. Pour l'instant, c'est mal parti puisque le Serbe s'est incliné dès les huitièmes de finale face à un Jo-Wilfried Tsonga des grands jours. De plus, durant cette édition du Masters 1000 de Toronto, Djoko s'est montré très hésitant et a commis beaucoup d'erreurs dans son jeu aussi bien face au Manceau que face à Monfils. Néanmoins, on est en droit de penser que le récent vainqueur de Wimbledon n'avait pas la tête au tennis ces derniers temps: non seulement, il a juré fidélité à sa compagne de longue date, Jelena Ristic, mais il s'apprête aussi à devenir parent sous peu. Ainsi, son escapade canadienne peut relever de l'accident de parcours. A lui de montrer qu'il arrivera dans de meilleures dispositions à Cincinnati et à l'US Open...

Le second sera, sans doute, plus compliqué, puisque le Serbe devra défendre un nombre conséquent de points dès la tournée asiatique. En effet, il y a glané quatre titres consécutifs: L'Open de Chine à Pékin (ATP 500) puis deux Masters 1000 (Shangaï et Bercy), sans compter le Masters de Londres. Au final, il devra conserver le butin de 5000 points en un mois. Durant cette période-ci, il devra montrer que sa place de leader au classement ATP n'a pas été acquise par défaut mais qu'il se positionne bel et bien comme le patron du circuit. Cependant, la concurrence sera très rude, d'autant plus que la lutte pour les derniers billets pour le Masters de Londres s'effectue à cette période-ci... Méfiance, donc.

La seconde partie de saison en question

Roger Federer gagnera-t'il l'US Open?

Quoiqu'on en dise, le come-back de l'année est à mettre du côté de l'ancien n°1 mondial. Avec un physique et une qualité de jeu retrouvés, le Suisse, qui a fêté ses 33 ans aujourd'hui, semble de retour aux avant-postes. Cette saison, il a remporté deux titres (Dubaï et Halle) et a disputé quatre finales (Brisbane, Indian Wells, Monte Carlo et Wimbledon). Proche de gagner son premier titre du Grand Chelem à Wimbledon depuis 2012, "Rodgeur" a subi le mental d'acier du n°1 mondial, Novak Djokovic, malgré une partie propre de sa part. Cependant, pour lui, la saison n'est pas arrivée à son terme et il reste un majeur à disputer et pas n'importe lequel : l'US Open, temple du tennis new-yorkais où il s'est imposé cinq fois d'affilée entre 2004 et 2009. Forcément à l'aise à Flushing Meadows, l'horizon vers un 18ème titre du Grand Chelem sera d'autant plus dégagé grâce à la (très) probable absence de Rafael Nadal, blessé au poignet droit depuis la semaine dernière. Même si des clients peuvent se présenter en chemin - on pense au canadien Milos Raonic, 6ème joueur mondial, qui peut jouer le rôle d'épouvantail à NY - Federer semble demeurer comme le deuxième meilleur joueur mondial cette saison, derrière Djokovic. Sans pression, le vieux sage peut jouer de vilains tours à ses adversaires à Big Apple...

La seconde partie de saison en question

Où en est Stanislas Wawrinka?

En début de saison, une tornade a déferlé sur le site de l'Australian Open, à Melbourne. Son nom? Stanislas Wawrinka. Le Suisse, alors n°8 mondial, avait renversé Djokovic en quarts de finale, avant de prendre le meilleur sur un Rafael Nadal à court de forme pour soulever son premier titre du Grand Chelem. Véritable vent de fraîcheur sur le circuit, il a, ensuite, enchaîné des performances inégales: excellent à certains moments (à Monte-Carlo, où il avait montré à tous ses aptitudes sur terre battue qui lui ont permises de soulever le trophée au nez et à la barbe de Roger Federer) mais décevant dans d'autres (on pense à ce premier tour fantomatique à Roland-Garros, face à Guillermo Garcia Lopez ou à sa tournée américaine de mars). Aujourd'hui, il aborde la Rodgers Cup (la tournée américaine qui commence mi-juillet pour se terminer à l'US Open) sans grand match-repère. Et pour cause: Stan est sorti dès les huitièmes de finale du Masters 1000 de Toronto par le géant sud-africain Kevin Anderson. On pourrait, légitimement, remettre en cause la forme du n°4 mondial, qui aura beaucoup de points à défendre à l'US Open (720). Pourtant, il faut se souvenir que le parcours américain de Wawrinka ne fut guère reluisant avant de disputer son éblouissante demi-finale face à Djokovic lors de la dernière édition de la dernière levée du Grand Chelem de l'année: il s'était incliné deux fois au deuxième tour des Masters 1000 de Montréal (Toronto et la ville québécoise intervertissent une année sur deux pour la réception du Masters 1000 canadien) et Cincinnati. Donc, oui on peut douter de la forme du Vaudois, mais celui-ci est imprévisible.

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Combien de joueurs de la nouvelle génération vont terminer dans le top 10?

Raonic,Dimitrov,Nishikori, Gulbis... Cette première moitié de saison a vu l'éclosion d'une nouvelle vague de joueurs de moins de 25 ans aux alentours du top 10. Amenant un vent de nouveauté au sein d'une élite tennistique fermée et menée tambour battant par le quatuor Djoko-Nadal-Federer-Murray, ces jeunes ont réussi à se frayer un chemin en enchainant les belles performances: aujourd'hui, Raonic (qui possède, par ailleurs, l'une des coupes de cheveux les plus classes du circuit) culmine à la sixième place mondiale après sa demi-finale à Wimbledon face à Federer. Dimitrov (n°8) a remporté trois titres cette saison (Acapulco, le Queen's et Bucarest) et a trouvé une place dans le dernier carré du gazon londonien (où il aura mené la vie dure à Djokovic). Gulbis, après avoir sorti un match épique face à Federer à Roland-Garros, est lui aussi tombé sur le n°1 mondial en demi-finale du tournoi parisien. Nishikori, lui, à défaut d'être décisif en Grand Chelem (éliminations prématurées à Roland et à Wimbledon) enchaîne les belles performances en Masters 1000 (finale à Madrid, demi à Miami...).

Et maintenant? Celui qui a le plus de chances de finir en top 10 cette année est le compagnon de Sharapova, qui aura beaucoup de points à prendre (en 2013, il s'était incliné d'entrée à Montréal et à l'US Open, a pris peu de points sur la tournée asiatique, mais avait soulevé son premier trophée à Stockholm) et qui semble continuer sur sa lancée (il est en demi-finale de Toronto). Viens ensuite Raonic, qui a un peu plus de points à défendre, mais qui devrait surpasser ses performances de l'andernier (huitième de finale à Cincinnati, Flushing-Meadows, Shanghai, Paris, finale à Tokyo). En revanche, on émet des doutes sur le Japonais, blessé au pied, qui pourrait ne pas disputer l'US Open et qui pourrait être distancé par ses principaux concurrents. Quant à Gulbis, si sa fin de saison dernière ne fut guère convaincante (1er tour à Cincinnati, à l'US Open, à Bercy et absent à Shanghai), il pourra prendre des points que s'il vainc son inconstance chronique. Sachant Del Potro, encore membre du top 10, ne peut pas jouer et qu'il va (donc) descendre au classement, on peut penser que deux ou trois de ces joueurs peuvent figurer parmi les dix premiers.

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Les blessures vont-elles avoir raison de la saison de Nadal?

On ne va pas dire que Nadal ait été épargné par les blessures. Dès le mois de janvier, son dos flanche en pleine finale de l'Australian Open, ce qui a provoqué un moment étrange ou le n°2 mondial servait à 120 km/h et ne pouvait frapper qu'en marchant. Il a , d'ailleurs, traîné cette gêne durant toute la tournée américaine de mars . Il y a une semaine, il annonce que c'est au tour du poignet droit d'y passer, ce qui aura pour conséquence une absence sur la quasi-totalité de la tournée américaine (US Open inclus?). Cette n-ième blessure (Nadal ne peut disputer deux saisons d'affilée complètes) intervient au mauvais moment pour le natif de Manacor, puisqu'il ne peut défendre... 4000 points engrangés au même moment de la saison l'an dernier. Forcément, les perspectives de le voir de retour à la première place mondiale à la fin de l'année s'amenuisent considérablement. Pour autant, les blessures seules n'expliquent pas la saison contrastée de Rafa: il ne faut pas oublier que, mis à part Roland-Garros, le passage sur terre battue fut vraiment poussif: on se souvient, en effet, de ce quart de finale à Monte Carlo où l'Espagnol fut balayé par son compatriote David Ferrer dans une rencontre où les coups de Nadal manquaient cruellement de tranchant. De même, le protégé de Toni a éprouvé des difficultés pour rentrer dans ses matchs à Wimbledon, où il est tombé dès les huitièmes de finales face à un Kyrgios hallucinant. Donc, les blessures ont perturbé Nadal cette saison, mais son niveau de jeu global a également contribué à la perte de sa première place mondial.

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Murray va t'il se qualifier pour le Masters?

Par définition, le Masters est le tournoi où prennent part les huit meilleurs joueurs de la saison. Pour l'instant, Murray est 10ème à la Race. Outre le fait que, sur le papier, le Britannique n'en fasse pas partie, on peut, pour l'instant, affirmé que la saison 2014 constitue un mauvais cru pour lui: il n'aura pas atteint une seule finale sur le circuit cette année et aura, globalement, déçu en Grand Chelem (un quart de finale calamiteux face à Dimitrov) et en Masters 1000 (aucune demi-finale disputée cette saison dans cette dernière catégorie de tournois). Pourtant, en début de saison, on avait fait preuve d'indulgence envers lui: il avait manqué les deux derniers mois de 2013 à cause d'une blessure au dos. Il manquait, donc, de repères et sa défaite face à Federer paraissait logique. Cependant, nous n'avons pas retrouvé le Murray flamboyant de ces cinq dernières années, véritable rouleau compresseur, affuté et capable, lors de sa collaboration avec Lendl (qui s'est terminée au mois de mars), de se sublimer lors des grandes rencontres ( victoire écrasante face à "Rodgeur" en finale des JO, successeur de Fred Perry au palmarès des vainqueurs de Wimbledon). Au lieu de cela, Murray commet beaucoup de déchets dans l'échange, remet la balle sans intention de jeu (voir son match face à Nadal à Roland), montrant par intermittence le jeu qu'il avait développé au moment où il avait atteint la deuxième place du classement mondial (en 2009). Néanmoins, sa récente collaboration avec Amélie Mauresmo - qui a su donner à Marion Bartoli, la confiance nécessaire pour s'imposer dans le temple du tennis - et le fait qu'il arrivera sur la tournée asiatique sans le moindre point à défendre peut jouer en sa faveur, mais ses principaux concurrents (Dimitrov, Raonic, Ferrer, Nishikori) jouent, pour la plupart, en confiance. Pour retrouver son rang, Murray devra nettement hausser son niveau de jeu.

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Fabio Fognini va t'il, encore, piquer une crise sur le court?

Etant donné que l'US Open se déroulera en même temps que le festival de Venise, il est légitime que l'Italien rende hommage à ses illustres compatriotes que sont Mastroianni, Fellini, ou Benigni. Sachant que "La Grande Belleza", film-hommage de Paolo Sorrentino à la ville de Rome et à sa beauté éclatante, a été récompensé cette année aux Oscars et aux Golden Globes et que le public américain aime le spectacle, il est évident que oui, Fabio Fognini va exporté la comeddia dell'arte dans la ville de Broadway.

Dominic Thiem et Nick Kyrgios vont-ils terminer la saison dans le top 40?

Dominic Thiem et Nick Kyrgios sont les deux découvertes de ce début de saison. Le premier vient d'Autriche et a 20 ans et pointe à la 44ème position cette semaine tandis que le second compte 19 printemps et se classe à la 70ème place. Cette année, Thiem et son revers à une main se sont particulièrement illustrés sur terre-battue puisque l'autrichien est devenu le plus jeune joueur depuis Del Potro à avoir battu un top 3 (Wawrinka à Madrid) et a atteint sa première finale chez lui, à Kitzbühel. Néanmoins, il a, quand même, joué le troisième tour du Masters 1000 d'Indian Wells. Kyrgios, lui, n'a pas vu les choses en petit puisque son jeu d'attaque dévastateur a été révélé au monde entier lorsqu'il a surclassé Rafael Nadal en huitièmes de finale de Wimbledon. Etant donné que la fin de saison se déroule sur dur, que la surface de l'US Open est encore plus rapide qu'à Wimbledon et que l'indoor constitue un régal pour les purs attaquants, il ne faudra pas s'étonner d'entendre de nouveau parler de Kyrgios, qui peut réellement briller s'il continue de jouer en confiance et d'aborder ses matchs avec maturité face aux gros poissons. Le Top 40 leur tend les bras, en attendant d'autres sommets...

La seconde partie de saison en question

Le corps de Richard Gasquet va t'il enfin laisser le Biterrois tranquille?

Cela revient à demander si Abou Diaby va faire une saison pleine avec Arsenal... KEUR avec les doigts, Richard.

L'équipe de France va t'elle remporter la Coupe Davis?

C'est réalisable, mais ça va être difficile. Tout d'abord, les Bleus auront à affronter les Tchèques (12-14 septembre), doubles tenants du titre, composés des solides Berdych et Stepanek. Pour les battre, il faudra que tous les membres sélectionnés se surpassent pour venir à bout du cinquième joueur mondial et de son compatriote toujours très convaincants dans cette compétition. On pourra compter sur Jo-Wilfried Tsonga, qui a sans doute acquis la victoire qui peut le relancer, et comme les Français ont décidé de jouer à Roland-Garros, Gaël Monfils sera l'un des atouts de notre équipe: non seulement le natif de la capitale a atteint quart de finaliste du Grand Chelem parisien cette année, mais il a déjà battu Berdych sur le Court Central l'an dernier, dans une ambiance de folie.

Si jamais on franchit l'obstacle tchèque, on retrouvera soit les Italiens ou soit les Suisses... menés par Roger Federer et Stanislas Wawrinka ! La mission s'avèrerait très compliqué: le Saladier d'Argent est l'un des rares trophées que Federer n'ait pas encore remporté. Sans aucune résignation, on voit mal comment nos Frenchies peuvent battre en un week-end Federer et Wawrinka, tous deux dans le top 5 cette saison, et qui arrivent à réaliser de choses magnifiques lorsqu'ils jouent pour leur pays.

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Tsonga peut-il espérer une place dans le top 10, voire au Masters en fin de saison?

Une place dans le top 10 serait, déjà, une très bonne chose pour lui. Il ne faut, quand même, pas oublier que la première partie de saison du Manceau a été globalement décevante: il a été incapable de rivaliser avec les membres du top 5 et ceux du top 10 en Grand Chelem et en Masters 1000. Pendant ce temps-là, les Raonic et Cie ont bien progressé, et ont enchaîné les bonnes performances. Cependant, pendant le mois de juillet, Tsonga a su se remettre en question et a travaillé physiquement et (surtout) mentalement. Il le fallait car, sur les tournois disputés ce semestre, Jo avait souvent tendance à craquer dans le match, à s'énerver contre lui-même et ne pouvait pas retenir ses émotions. Les premiers signes de cette préparation lourde s'est vue lors de son retour au Masters 1000 de Toronto où on a retrouvé celui qui a été monstrueux en 2011, lorsqu'il avait sorti Federer à Wimbledon ou lorsqu'il avait atteint la finale du Masters de Londres. Cette semaine, il a laminé Djokovic (6/2 6/2), renversé Murray (7/6 4/6 6/4) et mangé Dimitrov (6/4 6/3) avec un service de plomb (souvent au-dessus des 220 km/h), un coup-droit de mammouth, un mental d'acier (surtout face au Britannique) et une volée habile.

Pour finir, sa saison 2011 a été évoqué précédemment et il faut se souvenir que, jusqu'au mois de juin de cette année-là, Tsonga paraissait l'ombre de lui-même, était descendu au-delà de la vingtième place et perdait des matchs qui semblait à sa portée (notamment un troisième tour à Roland-Garros face à Wawrinka où il menait deux sets à zéro avant de s'incliner sur le fil). Comme en 2014, Jo partait dans l'inconnu avec des changements dans son staff. Et comme en 2011, il arrive sur une période où il ne peut qu'engranger les points (il n'a pas pris part ni à Cincinnati, ni à l'US Open l'an dernier) et remonter au classement. A lui de le faire et de confirmer...