Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le Court Central

Le Court Central

Menu
Dimitrov tient-il enfin SA victoire de référence?

Dimitrov tient-il enfin SA victoire de référence?

Souvent comparé à Roger Federer par son jeu, le Bulgare de 23 ans a terrassé le tenant du titre Andy Murray (6/1 7/5 6/2). De cette manière, il atteint, pour la première fois de sa jeune carrière, le dernier carré de Wimbledon et celui d'un tournoi du Grand Chelem. Est-ce suffisant pour amorcer sa conquête vers les sommets qui lui sont promis?

Dimitrov tient-il enfin SA victoire de référence?

Alors que certaines mauvaises langues se déliaient en ne comprenant pas les raisons pour lesquelles le bulgare était encensé, Dimitrov est en train de prouver à tous son potentiel et confirme les attentes placées en lui depuis 2008, année où les amateurs de l'antichambre du circuit pro ont découvert ce joueur au style semblable à celui de Federer. Depuis le début de sa collaboration avec Roger Rasheed (ancien entraîneur de Lleyton Hewitt et de Tsonga) en début de saison, le tennis du compagnon de Maria Sharapova acquiert sans cesse en maturité et prend une toute autre dimension. En effet, on a l'impression qu'il a gagné en rigueur: on peut penser que Rasheed a permis à Dimitrov que canaliser son talent (qui pouvait lui jouer des tours) pour simplifier son jeu et gagner en efficacité. Surtout, l'entraîneur australien a imposé à son protégé une discipline physique, laquelle lui permet, désormais, de ne plus connaître des coups de barre qui pouvaient lui coûter un match entier. Ainsi, cela lui a permis de trouver les ressources nécessaires pour sortir Alexandr Dolgopolov au terme d'une rencontre dure mentalement et psychologiquement, tant les deux joueurs ont alterné des phases de bon et de moins bon.

Cependant, pour prétendre au moins à une place dans le top 10, il fallait que le récent vainqueur du tournoi du Queen's signe une performance marquante, telle que l'avait réalisée son illustre aîné face à Pete Sampras sur ce même Centre Court en 2001. A l'époque, le futur n°1 mondial (15 ème au moment des faits) , récent quart de finaliste à Roland-Garros, avait su s'accrocher pour venir à bout du maître des lieux (invaincu depuis 1997) à l'issue d'une partie très disputée (près de quatre heures de match). Après un premier quart de finale en Grand Chelem cette année à l'Australian Open - au cours duquel il avait flanché sur les points décisif face à Nadal- l'ancien pensionnaire de l'académie Mouratoglou avait l'occasion aujourd'hui d'accrocher un gros poisson pour atteindre les demi-finales de Wimbledon. Face au champion en titre (qui plus est, porté par le soutien populaire), la tâche s'annonçait rude. Et pourtant: contrairement à son adversaire du jour fantomatique, il a su se positionner à la hauteur de l'enjeu et a exprimé pleinement son jeu: monstrueux à la volée (20 volées réussies sur 22 jouées),et solide au service sur les moments importants. Surtout, il n'a jamais donné de l'espoir à un adversaire tétanisé, sous le regard du couple princier William et Kate. Ainsi, lorsque son adversaire l'a breaké à 4-3 dans le deuxième set, il a tout de suite recollé au score.

Malgré cette victoire prestigieuse, qui lui donnerait l'assurance de figurer parmi les dix premiers lundi prochain, il faut, toutefois, souligné le niveau de jeu désastreux de Murray aujourd'hui. En effet, contrairement à Sampras qui s'était battu comme un lion le jour de sa défaite face à Federer, le Britannique n'a jamais semblé en mesure de rivaliser. Moyen sur son service (5 doubles fautes pour 5 aces), mauvais en retour (seulement deux balles de break procurées (contre 9 pour Dimitrov)) et médiocre dans l'échange (24 coups gagnants pour 37 fautes directes): la tête de série n°3 du tournoi a presque livré la victoire à son adversaire, et a fait preuve de beaucoup trop d'approximations. Cela devient inquiétant, quand on sait qu'il ne devient que l'ombre de lui-même, depuis son opération au dos fin 2013. Malheureusement pour lui et au vue de sa performance (c'est la première fois depuis 2008 qu'il n'atteint pas le dernier carré du tournoi londonien) ,qui lui a coûtée la perte de 1640 points au classement ATP, il devrait sortir du top 10 lundi prochain. Pour retrouver sa place dans le top 4, il va falloir se réveiller, trouver un entraîneur de manière durable - la collaboration avec Mauresmo n'est que provisoire - et reprendre confiance en soi. Le héros du jour sera, quant à lui, attendu au tournant face à Novak Djokovic. Que la boucherie commence...