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Le Court Central

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Wawrinka au combat psychologique, Li à l'expérience: le bilan des finales de l'Australian Open.

Wawrinka au combat psychologique, Li à l'expérience: le bilan des finales de l'Australian Open.

Voilà, l'Open d'Australie s'est terminé ce matin, avec la victoire finale de Wawrinka sur Rafael Nadal (6/3 6/2 3/6 6/3). Hier, c'est la chinoise Na Li qui a remporté son deuxième titre du Grand Chelem, face à la surprenante Dominika Cibulkova (7/6 6/0). Avant d'entamer un bilan exhaustif du tournoi, on vous propose une analyse sur des sacres inhabituels.

De la part de Stan'

De la part de Stan'

Ce matin, nous n'avons pas vécu la plus grande des finales disputées à l'Open d'Australie, ni le plus grand match de la quinzaine. Cependant, la rencontre reste très intéressante. Tout d'abord, parce que Wawrinka a tout de suite montré qu'il ne venait pas faire de la figuration. Pendant deux sets, s'il y a bien un joueur qui dicte, c'est bien lui. Pendant ces deux premiers sets, le suisse sort des coups droits qui résonnent comme de vraies météorites, des retours venus de nulle part (la balle de break du premier jeu du deuxième set: un sublime revers croisé-court), bien que les premières balles soient absentes (seulement 35% de réussite, et il ne s'est jamais fait breaké) avec un relachement déconcertant pour quelqu'un qui dispute sa première finale de Grand Chelem. En face, Nadal peine à imposer son rythme, ne tient pas les longs échanges, ne se déplace pas bien, et transpire comme un porc. La solution de l'énigme est révélée en plein milieu du deuxième set: l'Espagnol, visiblement touché au dos, se fait masser dans les vestiaires, ce qui provoque la colère de son adversaire. Le majorquin tente de faire illusion avec des premiers services à 127 km/h (!). Au lieu d'abandonner, Rafa reste dans son match et joue avec les nerfs de son adversaire. Ainsi commence le troisième set : le blessé du jour marche sur le terrain et sait qu'il ne peut bourriner.

Ainsi,il contre-carre le schéma de jeu du Suisse en misant sur les variations de rythmes et une première balle extrêmement liftée. Cela a son effet: le Vaudois semble gêné, et demeure impuissant face à la stratégie du Majorquin, qui joue son va-tout. Il s'énerve, et cède le troisième set à son adversaire. Le début de quatrième est indécis. On se demande vraiment si Rafa va revenir à deux sets partout. On commence à envisager (timidement) une victoire de l'espagnol et une défaite du suisse, qui serait cruelle tant il aura mené les débats avant de s'incliner face à un adversaire presque au sol( vous vous imaginez l'impact psychologique que cela peut avoir sur un joueur?). Le suisse breake une première fois son adversaire à 3-2, mais ce dernier lui empêche de confirmer son break. La deuxième tentative à 4-3 sera la bonne pour le suisse, qui ne sera plus rejoint. Le futur n°3 mondial peut exulter: il vient de créer un exploit hallucinant, puisque cela faisait depuis septembre 2009, qu'un joueur hors du "Big Four" (Nadal, Djokovic,Federer,Murray) n'avait plus remporté un titre du Grand Chelem. Nadal retient tant bien que mal ses larmes de douleur, 5 ans après avoir essayé de réconforter Roger Federer après une finale d'une intensité folle sur la Rod Laver Arena.

Wawrinka au combat psychologique, Li à l'expérience: le bilan des finales de l'Australian Open.

Dans l'autre finale, le suspens a vite disparu. La charmante slovaque Cibulkova (tête de série n°20 du tournoi) a été tétanisée par l'enjeu du match, tandis que la chinoise, déjà finaliste à Melbourne en 2011 (face à Kim Clijsters) et en 2013 (face à Azarenka), ne voulait pas laisser filer sa chance une troisième fois. La première manche est très serrée: les deux joueuses n'arrivent pas à se départager (même si c'est Li qui a dicté le jeu avec 25 coups gagnants), et doivent en découdre au jeu décisif. Finalement, la n°3 mondiale ne laisse aucune chance à son adversaire et gagne 7-3. Le deuxième set est une formalité: "Ciboulette" sort complètement du match et se fait égorger par son adversaire. Un cinglant 6-0 parachèvera le tournoi féminin.Na Li peut brandir son trophée, synonyme de deuxième titre du Grand Chelem. Pourtant,ce ne fut pas simple pour elle, puisqu'elle est passée à un point de la sortie au troisième tour, avant d'effacer les doutes par des victoires de rang (notamment celle face à Eugénie Bouchard en demi-finale). Ainsi, quand la rivière sort de son Li, elle fait des ravages. Attention à elle, car elle ne fait pas de bruit, mais peut créer beaucoup de bordel au sein du trio Williams-Azarenka-Sharapova. Comme Daenerys Targaryen dans la série Game Of Thrones.